LA Crosse

Avertissement: bien qu’il soit question de prouesses athlétiques dans cette chronique, toute référence dans le titre à un sport d’équipe prisé par les Amérindiens n’est que fortuite.

1737. Félicitations à Edward Marshall, qui complète une ‘’marche’’ de 107 km (en forêt) en 18 heures, soit la distance entre le village de Wrightstown, PA et l’emplacement où sera fondée la ville de Mauch Chunk, plus tard rebaptisée Jim Thorpe. Pour cette balade, les commanditaires offriront en récompense à Marshall et deux collègues marcheurs, 5 livres et des lots de terre de 500 acres chacun.  Voilà pour l’exploit, qui hélas ne fera pas que des heureux.

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Lesdits commanditaires sont Thomas Penn, héritier de feu William Penn (fondateur de la colonie de la Pennsylvanie et de la ville de Philadelphie) et son agent James Logan.  Pour assurer l’expansion de la colonie, ils reluquent les terres longeant la rivière Delaware (et un peu plus) appartenant à la nation Lenape, également appelée Delaware.

Penn présente aux chefs autochtones une copie d’une entente de cession de terres datant de 1686 entre son paternel, décédé depuis 19 ans et les chefs de l’époque, également tous disparus depuis.  Le document, pas signé, traite de la vente d’un lot s’étendant sur la distance entre Wrightstown, au sud, et un point situé à une journée et demie de marche vers le nord; de ce point, tout le territoire vers l’est jusqu’à la rivière Delaware sera inclus.  Les Lenapes sont sceptiques,  mais voguant sur la bonne réputation de son père, Thomas Penn convaincra le chef Nutimus de signer le contrat, du nom de Walking Purchase Treaty.

walking-purchase-1737Une surprise de taille attend le pauvre indigène, car les marcheurs, des athlètes spécifiquement entraînés pour l’évènement, au lieu de marcher, courront à travers un sentier  préalablement nettoyé et balisé plutôt vers le nord-ouest par une ‘’équipe technique’’.  Pire, une fois l’objectif atteint, à une distance près du double de celle anticipée, les arpenteurs traceront ensuite une ligne à angle droit vers la rivière plutôt que de tourner franc vers l’est, une arnaque qui soulagera cette Première Nation d’environ 3 000 km² de terres ancestrales.

Furieux, les Lenapes contestent, mais le duo de promoteurs immobiliers aura également pris soin de faire appel aux goons du coin, les Iroquois, pour contribuer à l’expulsion.

Les recours contre une transaction considérée frauduleuse continueront jusqu’à ce que la Cour Suprême y mette un terme définitif, en refusant d’entendre la cause, en 2006…

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Ratatouille, revisitée

1870. Dans le cadre de la guerre franco-allemande de 1870, c’est aujourd’hui que s’amorce le siège de Paris, lequel durera jusqu’à sa reddition, soit le 28 janvier suivant.

Il y a les combats et les bombardements sur Paris, bien sûr, mais le point d’intérêt ici est de voir comment le cousin parisien, assiégé, va survivre aux ruptures de stock alimentaires pendant de rudes mois d’hiver.  On s’entend que c’est un froid d’échelle française, pas québécoise, quand même.

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Une fois épuisés les vivres standard, on verra graduellement pointer au menu des exotismes tel le consommé de cheval au millet, les côtelettes de chiens aux petits pois, le civet de chat aux champignons, même l’incontournable salami de rat, sauce Robert (…).  Même Castor et Pollux, les éléphants du jardin zoologique local devront  contribuer, bien malgré eux.  Voici un menu du 25 décembre, le 99e jour du siège.

C’est donc avec grand regret qu’il me faut corriger les faits : Rémy n’a pas préparé les menus d’Alfredo Linguini, il en a plutôt fait partie. D’ailleurs, il ne faut pas toujours croire les dessins animés de Disney…

Rémy & Alfredo

Rémy & Alfredo

Bon appétit!

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Contrafactum

1814. C’est l’histoire d’un poème, commis par un avocat américain, Francis Scott Key lors d’un épisode de la guerre anglo-américaine de 1812, qui passera à la postérité.

Bombardement Ft-McHenry

Bombardement Ft-McHenry

Quelques semaines après s’être défoulés sur Washington, la capitale américaine, mettant à feu et à sac la Maison Blanche, le Capitole et autres édifices significatifs, les Anglais se tournent vers un fort voisin, dans la baie de Baltimore.

francis_scott_key_by_joseph_wood_c1825Ayant  négocié avec succès la libération d’un collègue auprès de l’ennemi, Me Key est quand même contraint de demeurer sur le HMS Tonnant, le bateau de ses ‘’hôtes’’, ces derniers tenant à garder secret le sort qu’ils réservent au Fort McHenry.  Donc le 13 septembre, pendant plus de 24 heures, il sera malgré lui témoin des salves répétées de canon  sur la fortification.  Or au petit matin du 14, ce n’est pas l’Union Jack, mais le drapeau américain qu’il aperçoit flottant toujours au-dessus du bâtiment.  La fierté au cœur, il compose un poème de quatre versets qui sera rapidement diffusé sous le titre Defense of Fort M’Henry, puis rebaptisé The Star-Spangled Banner.

 

170px-star_spangled_banner_flag_on_display_at_the_smithsonians_national_museum_of_history_and_technology_around_1964Selon la légende, il aurait construit ses vers selon le rythme mélodique d’une populaire chanson, The Anacreontic Song, composée en Angleterre en 1771.  Bref, la substitution d’un texte original par un autre, sans en changer la mélodie fait de l’hymne Star-Spangled Banner un contrafactum, ou contrafacture.

On passe donc d’une chanson à boire britannique à un hymne patriotique américain, qui sera adopté comme hymne national en 1931. Il sera depuis repris (et souvent massacré) ad nauseam avant tous les matchs de la NBA, la NHL, la NFL (n’en déplaise au quart-arrière Colin Kaepernick), la MLB et à peu près tout évènement mondain dans lequel participerait un Américain. Finalement, ça reste toujours une chanson à boire…

On reconnait tous le premier verset de l’hymne national:

O! say can you see, by the dawn’s early light,
What so proudly we hailed at the twilight’s last gleaming,
Whose broad stripes and bright stars through the perilous fight,
O’er the ramparts we watched, were so gallantly streaming?
And the rockets’ red glare, the bombs bursting in air,
Gave proof through the night that our flag was still there;
O! say does that star-spangled banner yet wave
O’er the land of the free and the home of the brave?

Voici le troisième verset de l’oeuvre originale, The Anacreontic Song :

220px-statueapollon2“The Yellow-Hair’d God and his nine fusty Maids,

“From Helicon‘s banks will incontinent flee,[32]

Idalia will boast but of tenantless Shades,

“And the bi-forked Hill a mere Desart will be

“My Thunder no fear on’t,

“Shall soon do it’s Errand,

“And dam’me! I’ll swinge the Ringleaders, I warrant.

“I’ll trim the young Dogs, for thus daring to twine

“The Myrtle of Venus with Bacchus’s Vine.”

 

On y fait ici référence à Apollon, le dieu aux cheveux jaunes.  Il y a ces jours-ci un autre dieu aux cheveux jaunes, un tantinet moins athlétique, aspirant à la présidence des USA.  Un parallèlle troublant, vous conviendrez.  Devrait-on y voir une prédiction?…

Nostradathomas

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4+2=1

1990. Si les hostilités de la Seconde Guerre mondiale ont pris fin en 1945, ce n’est qu’aujourd’hui, 45 ans plus tard, que l’on peut affirmer avoir enfin fermé les livres sur ce conflit. Réunis à Moscou, les représentants de la République fédérale d’Allemagne (RFA), de la République démocratique allemande (RDA), ainsi que ceux des quatre puissances occupantes, soit la Grande-Bretagne, la France, les USA et l’URSS signent à Moscou le ”Traité portant règlement définitif concernant l’Allemagne”, ou le Traité quatre plus deux.

Le mur de Berlin venait de tomber l’année précédente, mais l’Allemagne demeurait techniquement divisée entre l’Est et l’Ouest.   Ce pacte relève enfin les quatre occupants de leurs droits et responsabilités relatifs à Berlin et à l’Allemagne, alors que cette dernière recouvre sa pleine souveraineté.  Un vrai pays, quoi.  Il y a certaines conditions, bien sûr, telle la renonciation définitive à des revendications territoriales, ainsi que des restrictions d’ordre militaire.  Cela n’empêchera pas l’Allemagne de rapidement devenir le leader économique de la zone euro.

Hélas, impossible de rêver à une équation mathématique équivalente du côté coréen, une réunification à court ou moyen terme demeurant très improbable.  À moins que Kim Jong-un et Donald Trump-one ne deviennent des Best…

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Grandma Moses

1860. À Greenwich, New York, Margaret Shanahan Robertson et son mari Russel King Robertson ont le bonheur d’annoncer la naissance de leur troisième enfant, la petite Anna Mary.

Anna Mary aura une belle et longue vie, sans histoire, travaillant sur des fermes, y rencontrant son futur mari, Thomas Salmon Moses, avec qui elle aura des enfants et…  En fait, elle sortira de l’anonymat à l’âge vénérable de 76 ans pour devenir une icône de l’art naïf américain.

Ayant démontré un penchant artistique dès l’enfance, elle le canalisera principalement dans la broderie, jusqu’à ce que l’arthrite ne rende l’exercice trop pénible pour continuer. Sa créativité minée par ce malencontreux handicap, Anna Mary troquera les aiguilles pour le pinceau, à la suggestion de sa sœur Céleste.  Jusqu’à sa mort 25 ans plus tard, elle commettra plus de 1 500 tableaux, les premiers vendus entre 3$ et 5$ pièce, selon le format.

Grandma Moses Time     Grandma Moses stamp

Un collectionneur, remarquant par hasard un étalage de ses œuvres dans la vitrine d‘un drug store de Hoosick Falls, les achètera toutes.  L’année suivante (1939), trois de celles-ci, signées ‘’Mrs. Moses’’ aboutiront au Museum of Modern Art de New York.  Avec la notoriété, elle deviendra ‘’Grandma Moses’’ et le prix de ses toiles grimpera en moyenne dans la fourchette de 8 000$ à 10 000$ chacune, parfois beaucoup plus.  En 2006, sa toile ‘’Sugaring off’’, datant de 1943, se vendra aux enchères 1,2M$.

Sugaring off

Sugaring off

En plus des nombreux hommages qu’elle recevra, les créateurs de la populaire émission télé ‘’The Beverly Hillbillies’’ lui serviront un clin d’œil posthume en baptisant le personnage de Granny, Daisy Moses.

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Cochonnet Grouillant

1916. 200px-PigglywigglyOuverture aujourd’hui à Memphis, dans l’état du Tennessee de la première épicerie du type libre-service, le Piggly Wiggly. De concept révolutionnaire, c’est le premier magasin qui offrira au consommateur, plutôt que de confier sa liste à un commis au comptoir, le loisir d’aller choisir lui-même ses produits dans des étalages, puis régler le tout à une caisse de sortie, le ‘’checkout’’.

Au départ, l’idée est jugée farfelue; le fondateur de Piggly Wiggly, Clarence Saunders  s’y cassera rapidement les dents, anticipent ses compétiteurs.  Hélas, ce sont ces derniers qui, à défaut de suivre, devront bientôt visiter le denturologiste.  D’ailleurs, la chaîne, qui innovera également en étiquetant toute la marchandise, la rassemblant en rayons, puis en introduisant le panier d’épicerie en 1937, sévit toujours aujourd’hui dans 17 états américains.

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Comme parallèle d’évolution, le baby-boomer pourrait se rappeler le contraste entre la SAQ d’aujourd’hui et la vénérable Commission des Liqueurs des années 50-60, où dans un décor ressemblant plus à une banque qu’à un magasin, il fallait placer au comptoir sa commande pour un 40 onces de Beefeater, un 26 onces de Carioca, un mickey de Canadian Club et une cruche de St-Georges, puis attendre que le commis vienne refiler ça en douce dans des sacs à papier brun, en échange de cash, bien sûr.

comptoir Commission des Liqueurs

comptoir Commission des Liqueurs

Pour la confrérie de la génération X, on peut se rabattre sur l’expérience équivalente chez Distribution aux Consommateurs, où à partir d’un catalogue dans une salle d’attente déguisée en boutique, on notait nos choix sur un p’tit papier et un minuscule crayon mine (style mini-putt), alors que des préposés partaient (de longues minutes) à la chasse dans le back store, pour souvent en revenir avec un mauvais item, ou bredouilles.

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L’avènement des achats en ligne peut ressembler à un retour de balancier, mais à voir l’attroupement constant de cochonnets aux caisses des grandes surfaces, les disciples de Piggly Wiggly n’ont pas à trop s’inquiéter, du moins pour un bon moment.  Joyeux centenaire!

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Engelbert

1854. Souhaitons un joyeux anniversaire à Engelbert Humperdinck! Pas la réincarnation cute adulée par les baby-boomers, majoritairement féminins, mais das original.

170px-Engelbert_humperdinck_1854Malgré son talent évident au piano et à la composition musicale, la première commise dès l’âge de sept ans, ses parents le voient architecte.  Qu’à cela ne tienne, le jeune prodige fera à sa tête et ira plutôt au conservatoire.   Disciple de Wagner, il connaîtra une fructueuse carrière  comme compositeur et professeur.  Son plus gros hit sera l’opéra Hänsel und Gretel.  Parmi ses autres succès…  Tiens, je sens avoir perdu l’attention de plusieurs dès la seconde phrase de ce petit exposé.

D’accord, parlons-en donc d’Engelbert, ce Michel Louvain du ROTW (Rest of the World).

engelbert  louvain

Je me permets ici de péter la bulle de plusieurs en rappelant que son vrai nom est Arnold George Dorsey. T’as beau avoir une voix et un look à faire fondre du beurre, mais pour un jeune saxophoniste aspirant à percer comme chanteur, le nom ‘’Arnold’’ hypothèque grandement tes chances de sortir du frigo.

Sa carrière n’allant nulle part, il se rebaptise Gerry Dorsey, avec des résultats mitigés.  Gordon Mills, l’impresario qui aura convaincu un autre de ses poulains*, un certain Thomas John Woodward, à simplifier son nom à Tom Jones, fera cette fois des culbutes pour transformer Arnold (ou Gerry) en quelque chose à l’orthographe infernale mais ô combien exotique et sexy.  Le résultat sera phénoménal!

Tiens, si j’adoptais le nom de plume Victor Hugo?…

1557. R.I.P. Jacques Cartier

*pas Michel

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Arme fatale

220px-DaVinci_Crossbow1146. Déjà prohibée (because trop meurtrière) en 1139 par le pape Innocent II dans le contexte de guerres entre chrétiens, la question d’interdiction de l’arbalète revient aujourd’hui à l’agenda. Ce ne sera nul autre que l’Innocent suivant (III) qui menacera d’excommunication tout chrétien ayant recours à l’arbalète pour guerroyer contre son prochain… chrétien. Malgré les protestations du lobby des armes de l’époque, la NCA (National Crossbow Association*), la noblesse se pliera à l’autorité papale, en apparence du moins, car on y relèvera de nombreux cas de tricherie.

D’une portée et précision supérieure à l’arc, il est bon de noter que grâce à cette arme, n’importe quel gueux – pensons ici à Jacouille la fripouille – pouvait toucher mortellement à distance un preux chevalier, malgré son armure, ou pire, un roi, comme aurait pu d’ailleurs témoigner Richard Cœur de Lion en 1199, eu-t-il pu y survivre.

Jacouille

Vous avez sûrement noté mon insistance ci-haut à propos de chrétiens.  Bien sûr, la règle ignorait implicitement l’usage de cette arme contre le gibier, les païens et les infidèles.  Okay?

*merci à Joel Buyers

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LCN (Long Canal Nouvelles)

1858. Le premier message télégraphique transatlantique est transmis de la Grande Bretagne aux États-Unis. Selon la version anglaise de Wikipedia, le message de 100 mots de la reine Victoria prendra 16 heures pour parcourir les 4 200 kilomètres de câbles sous-marins la séparant du président Buchanan, alors que selon la version française, ça n’en prendra que 67 minutes. Il y a sûrement quelque chose qui s’est perdu dans le Yahoo translator…

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Imaginez la télévision en direct ayant existé à cette époque.  Lors d’un reportage en direct, le chef d’antenne pose une question au reporter sur le terrain, de l’autre côté de l’Atlantique; ils seront des heures tous deux à fixer la caméra, le reporter attendant d’avoir entendu la question pour y répondre…

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Un weekend chez Max Yasgur

220px-Woodstock_poster1969. C’est à Richie Havens que revient le privilège d’ouvrir le bal. Il est 17h07 ce vendredi, alors que s’amorce le Woodstock Music & Art Fair. Malgré les problèmes de logistique et la perte quasi-totale de contrôle d’une foule dépassant 400 000 personnes, soit huit fois plus que la limite de 50 000 consentie par les autorités locales et plus du double que le nombre de billets vendus, les 3 jours de paix et de musique annoncés le seront vraiment.   Même plus, car avec un peu (beaucoup) de retard sur l’horaire, la dernière note de la guitare de Jimi Hendrix ne retentira que vers 11h00 le lundi matin suivant.

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Les organisateurs y laisseront momentanément leurs chemises.  Dans le cas des festivaliers, ce sera pour certains la totalité de leurs vêtements, ayant oublié leurs maillots pour s’ébattre  dans un étang derrière la scène.  Puis sûrement pour plusieurs, certaines substances aidant, la mémoire de longs segments de l’évènement.  On note même certains qui, totalement pris dans des embouteillages monstres, ne pourront atteindre leur destination,  se contentant hélas  qu’un peu de la musique là-bas, au loin, ne parvienne à leurs tristes oreilles.

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La ferme laitière du pauvre Max Yasgur n’aura jamais tant vu de ruminants bipèdes fumer l’herbe plutôt que de la manger, l’espace d’un weekend magique…

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