Nikola

1856. Aux petites heures de ce 10 juillet, alors qu’un orage fait rage, dame Đuka Mandić, épouse du prêtre orthodoxe serbe Milutin Tesla de Smiljan en Croatie, accouche du petit Nikola.

Génie électrique et de forte personnalité, Nikola Tesla vivra une riche carrière, mais aux fortunes allant et revenant, un peu comme le courant alternatif (AC) qu’il aura défendu, demeurant dans l’ombre d’un rival et longtemps apôtre obstiné du courant continu (DC), son ‘’ami’’ Thomas Edison.

Avec plus de 300 brevets à son actif, mais la main pas toujours heureuse en affaires, Nikola Tesla terminera ses jours reclus, endetté et sous le radar, dans une chambre d’hôtel de New York le 7 janvier 1943.

Imaginez si Elon Musk avait plutôt eu Edison pour inspiration.  Et commettre l’équivalent de la voiture Edsel du XXIe siècle? Ouille…

Ah! comme l’orage a ragé!

Signe d’enfant de la nuit pour grand-mère?

Non, plutôt enfant de la lumière, selon mère.

Or, les deux il aura incarné.

(s’cusez mon moment Nelligan)

Smith le savonneux

1898. Jefferson Randolph Smith II, mieux connu sous le sobriquet ‘’Soapy’’ Smith, voit aujourd’hui sa carrière de chef de gang d’escrocs (et sa vie) se terminer de façon abrupte, lorsqu’abattu sur le quai Juneau de Skagway, en Alaska. Une partie de bonneteau* pour détrousser un mineur de son sac d’or aura provoqué la fusillade.

Pendant une vingtaine d’années, il fait sa marque et sa fortune au Colorado et en Alaska en plumant ses victimes à de multiples jeux de hasard (pas vraiment) de son cru, en plus de s’assurer la bienveillance d’autorités corrompues.  

Son surnom sera acquis par la vente de pains de savon ‘’chanceux’’. De son petit kiosque mobile au bord d’une rue, il feindra d’insérer dans quelques emballages de savon des billets de banque, qu’il retourne, pêle-mêle dans le lot de barres sur sa table et vendues 1$ chacune.

Çà et là, quelques ‘’clients’’, en fait des collaborateurs, affirment avoir acheté une barre chanceuse, mettant les badauds en confiance. Puis, à mi-chemin, lorsque les ventes ralentissent, notre maître charlatan annoncera que LA barre, celle garnie d’un billet de 100$, n’a toujours pas été vendue. Vous devinez la suite.

Un extra avec ça?…   

*ou Find the Lady, un jeu à 3 cartes où il faut deviner laquelle est la reine

Greatest thing since…peanut butter

1928. Ce 7 juillet est un grand jour pour Otto Frederick Rohwedder. Pour un, c’est son anniversaire. Mais la vraie raison pour célébrer aujourd’hui est que la Chillicothe Baking Company, au Missouri, met aujourd’hui en vente le premier pain tranché produit grâce à son invention, une machine à trancher le pain. C’est la révolution dans le monde de la boulangerie!

Son usine ayant été détruite (incluant ses plans et prototypes) onze ans plus tôt, il aura été forcé à reprendre à zéro et mettre les bouchées doubles pour mener à terme son projet de trancheuse (et emballeuse) de pain automatisée.

Enfin, le beurre d’arachides, inventé en 1884 (brevet américain 306727) par le pharmacien montréalais Marcellus Gilmore Edson, pourra enfin s’étendre sur des tranches de pain standardisées.

Voilà de quoi porter une toast tartinée à ces deux héros de la chose culinaire…

La Somme des tragédies

1916. Alors que la bataille de Verdun (non, pas l’arrondissement de Montréal) fait toujours rage entre Français et Allemands, voici que les Britanniques déclenchent en ce beau matin du 1er juillet leur attaque sur les lignes fortifiées allemandes près du fleuve Somme.

Suite à une semaine de bombardements intenses, incluant une orgie de pilonnage dans l’heure précédant le signal, 66 000 soldats se précipitent, en fait non, sortent de leurs tranchées avec ordre de marcher vers l’ennemi, baïonnette au fusil.

On croyait ainsi la première ligne de défense ennemie neutralisée.

Hélas non.

Pour les Allemands, ahuris, ils n’ont qu’à s’en donner à cœur joie à descendre à la mitrailleuse cette masse avançant lentement vers eux, comme des zombies dans un jeu vidéo.

En cette seule journée du 1er juillet, le bilan* de ce carnage se résumera à  21 322 morts et disparus, 35 493 blessés et une poignée (585) de blessés, pour un total de 57 400 mises hors de combat. Bref, la journée la plus meurtrière de l’histoire militaire de la Grande-Bretagne (incluant bien sûr les participations des loyaux sujets de l’Australie, du Canada, Bermudes, etc.

Dire qu’on envoyait des poussins mâles au broyeur pourrait être exagéré, mais bon…

*Tiré de Wikipédia

La Noche Triste

1520. À Mexico-Tenochtitlan, l’esprit n’est définitivement pas à la fête en cette nuit du 30 juin pour le conquistador Fernando Cortés de Monroy Pizarro Altamirano (ou pour faire simple, Hernán Cortés). À peine revenu d’une expédition à Veracruz, où il a défait une expédition envoyée par le gouverneur de Cuba pour le mettre en état d’arrestation, notre ami Fernand et ses hommes doivent prestement lever les feutres face à la révolte des Aztèques.

Ayant laissé les rênes pendant son absence à son bras gauche Pedro de Alvarado, ce dernier, peut-être un brin parano, avait procédé au massacre de plusieurs membres de l’aristocratie locale soupçonnés de complot. Mauvaise idée.

Or il est bon de préciser ici que Mexico-Tenochtitlan, la capitale de l’empire aztèque est construite sur une île du lac Texcoco (aujourd’hui presque totalement asséché). Faute de ponts, détruits par les Aztèques, les fuyards espagnols doivent se servir d’embarcations inadéquates pour soutenir en plus le poids de leurs armes, mais surtout l’or pillé de la cité depuis leur arrivée. Plusieurs périront noyés ou tués par leurs poursuivants.

La rive atteinte, dans un moment d’émotion lors d’une pause au pied d’un cyprès, Cortés aurait selon la légende pleuré la fin tragique de plusieurs compagnons, d’où la Triste Nuit.

Mais n’ayez crainte, il s’en remettra rapidement, reviendra en force un an plus tard, assiègera Tenochtitlan et remportera de façon définitive, signifiant la fin de l’empire aztèque.

Il n’a évidemment été question jusqu’ici que de tristesse espagnole. Pourtant, du côté mexicain faut-il souligner la mort durant cette révolte du roi, puis otage Moctezuma II, de Mexico-Tenochtitlan.

Pendant ce temps à Saint-Malo, fraîchement marié à Catherine, fille de Jacques des Granges, Jacques Cartier n’a peut-être pas encore réalisé qu’il irait découvrir, quatorze ans plus tard, le Canada. Hélas, il ne naviguera pas à l’envers de l’hiver…

Je suis un beignet

1963. Non, ce n’est pas une citation de Homer Simpson, mais bien de John Fitzgerald Kennedy lors d’un discours devant une imposante foule de Berlinois aux abords du Mur de Berlin en ce 25 juin.

En fait, le titre de cette chronique n’est qu’une amusante interprétation entre un gentilé (Berlinois) et un mets populaire (beignet fourré) identifié à sa localité d’origine. Par exemple, une Niçoise pourrait à la fois être une gente dame habitant la populaire commune de Nice, sur la Côte d’Azur, ou une salade; les deux pourraient être délicieuses, mais ici n’est pas le but de la chronique.

Alors que la guerre froide bat son plein, le président américain vient renforcer le support des États-Unis en cette enclave de Berlin Ouest, menacée d’étranglement par le blocus imposé par le régime soviétique.

Il y déclare: « Il y a 2 000 ans, la plus grande marque d’orgueil était de dire civis romanus sum (« je suis citoyen romain »). Aujourd’hui, dans le monde libre, la plus grande marque d’orgueil est de dire Ich bin ein Berliner. […] Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont des citoyens de Berlin. Par conséquent, en tant qu’homme libre, je suis fier de prononcer ces mots : Ich bin ein Berliner! » (« je suis un Berlinois »)

Aujourd’hui, dans un contexte facilement qualifiable d’annus* horribilis, pourrions-nous fièrement déclarer: civis americanus sum?…

*à ne pas confondre avec la version au ‘’n’’ unique, n’en déplaise à mon correcteur Antidote.

La faute à Béliveau?

1956. La Presse* souligne que la LNH adopte en ce 4 juin un nouveau règlement qui entrera en vigueur dès la prochaine saison (56-57), permettant la fin immédiate d’une punition mineure lorsque le club adverse compte un but.  

De toute évidence, les 5 autres clubs avaient toujours à travers la gorge le tour du chapeau en 44 secondes de Jean Béliveau, le 5 novembre précédent, pendant que les pauvres Bruins avaient deux des leurs en pénitence.

Et si on osait en ce XXIe siècle quelques bouffées d’air frais aux règlements? Comme maintenir la règle du dégagement illégal même quand une équipe est à court d’un homme. Mieux, revoir l’attribution de points pour victoires et matchs nuls, comme au soccer.

Je sais, je ne suis qu’un amateur…

*100 ans d’actualités La Presse  

Mille milles à pied, ça use…

1809. Déjà notoire pour ses attributs athlétiques et ses prouesses piétonnes, le capitaine Barclay (Robert Barclay Allardice) entreprend ce 1er juin à Newmarket (G-B) une marche où il compte franchir 1000 milles, en 1000 heures consécutives, pour une gageure initiale de 1000 guinées (1 guinée = 1£ approx.).

Selon ma compréhension, dans un circuit en boucle d’une distance de 1 mille (1,61 kilomètre), il fera 1000 répétitions, jour et nuit, avec temps de pause à chaque cycle. Outre l’endurance physique, on peut imaginer la ’’dureté du mental’’ requise pour se taper mille fois le même satané parcours, aussi bucolique soit-il (en fait, l’était-il?) pour cumuler 1 610 kilomètres.

À une cadence moyenne variant entre 15 et 21 minutes/mille, il atteindra son objectif 41,67 jours plus tard (12 juillet) devant une foule enthousiaste, à temps pour savourer son exploit quelque 45 minutes avant l’heure limite, et empocher en gains l’équivalent de 5£ millions (ou 8,5$ millions) en devises d’aujourd’hui.

Ce qui me touche particulièrement dans cette histoire est que dans les 6 semaines écoulées entre le 1er juin et le 12 juillet, la masse du capitaine écossais serait passée de 84,5 kg (186 lbs) à 70 kg (154 lbs).

Au revoir, parti marcher!…

Quand Yersinia pestis visite Marseille

1720. En ce 25 mai, le Grand Saint-Antoine, un bâtiment de 37 mètres de long, se présente en rade au mouillage de quarantaine près de Marseille.  

Chargé de près de 900 ballots de tissus du Moyen-Orient de très grande valeur, on tente le tout pour le tout pour décharger rapidement, surtout pour ne pas manquer l’ouverture de la foire des tissus de Beaucaire, en juillet.  Ceci inclut le maquillage des journaux de bord (et sûrement quelques pots-de-vin) pour s’assurer l’obtention d’une patente de santé nette (certification sanitaire), cachant ainsi la cause réelle des décès d’une dizaine de membres d’équipage durant le voyage. Une partie de la cargaison, abritant des puces de rat infectées du bacille de la peste, sera même déchargée avant la fin de la période de quarantaine.

Il en résultera une épidémie qui fauchera environ 40 000 Marseillais, soit la moitié de la population de la ville portuaire, sans compter les ravages en Provence et dans le Languedoc.

Enfin ‘réveillées’, les autorités décideront de brûler et couler le bateau avec le reste de sa cargaison (et les rats qui n’avaient pu débarquer) en juillet, mais l’ordre ne sera exécuté que le 25 septembre suivant.

Une chance que les autorités du XXIe siècle démontrent plus de vélocité devant une pandémie…

Pierre-Esprit, Médard Chouart et HBC

1670. À Londres, par charte royale, le roi Charles II crée la Compagnie de la Baie d’Hudson. Cette charte accorde à la compagnie le monopole de traite avec les Amérindiens de biens et (surtout) de fourrures du territoire de la Terre de Rupert, incluant la Baie d’Hudson et toute la région des rivières et fleuves s’y déversant.

Ceci est le fruit d’un ‘’sales pitch’’, incluant distribution d’échantillons devant les dragons de la cour du roi d’Angleterre par deux coureurs des bois français frustrés (eh oui, ça arrive), Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouart des Groseillers, suite à leurs démêlées avec le gouverneur de la Nouvelle-France.

En effet, tout fiers d’avoir rapporté une centaine de canots remplis de peaux de qualité en provenance de la Baie d’Hudson, les deux potes entrepreneurs s’étaient préalablement fait saisir leur cargaison et imposer une amende parce qu’ils auraient opéré sans permis. Puis des représentations subséquentes pour l’obtention  de tels permis s’étaient butées au refus des autorités, d’où l’idée de se tourner vers la compétition.

Quelques années plus tard, cette fois incapables de faire adopter par la compagnie une approche commerciale qu’ils jugeaient plus efficiente, telle que pratiquée par les forts Français le long des Grands Lacs, Radisson et des Groseillers, (encore) frustrés, retourneront leur allégeance vers la France.

Aujourd’hui pour son 350e anniversaire, la HBC, comme plusieurs autres bannières commerciales, pourrait avoir besoin l’aide d’un respirateur pour sa survie face à un p’tit virus…