Duel des Mignons

1578. C’est jour d’hécatombe parmi la fratrie de mignons du roi français Henri III, alors qu’une remarque désobligeante provoque un duel entre Jacques de Caylus, le ‘’best’’ du roi et Charles Balzac, baron d’Entragues, ou ‘’le bel Entraguet’’ pour les intimes. Il ne faut pas confondre ici les mignons, ces parasites excentriques de la cour se bousculant pour partager l’intimité du monarque, avec les minions du détestable Gru. Quoique sur le plan caricatural, ils semblent s’équivaloir.

Mignons d'Henry III

Dans le coin droit se retrouvent donc Jacques de Caylus et ses deux témoins, Louis de Maugiron et Guy d’Arces, seigneur de Livarot; dans le coin gauche, de Balzac, accompagné de François de Ribérac et Georges de Schomberg.  Le duel tourne rapidement en un joyeux embrochage à six, qui se terminera d’ailleurs tellement vite qu’il n’y aura même pas de temps pour une pause publicitaire.  Seuls Balzac et d’Arces survivront.  Viré en passoire, le pauvre Caylus agonisera pendant 39 jours; avant de rendre l’âme, il aurait chuchoté à l’oreille du roi ‘’bananaaaaaaa…’’.

Minions

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Amérique

1507. Dévoilement aujourd’hui par le cartographe Martin Waldseemüller du planisphère Universalis Cosmographia.

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Depuis les travaux du géographe grec Ptolémée 1 300 ans plus tôt, il était entendu que la Terre n’était composée que de trois continents, l’Afrique, l’Asie et l’Europe.  Or voici qu’apparaît en grande primeur un continent inconnu, projeté entre les rives séparant l’est de l’Orient et l’ouest de l’Europe.

Colomb

Colomb

Pour illustrer ce continent, Waldseemüller puise son information principalement de deux sources : Christophe Colomb, dont les voyages  en ce Nouveau Monde s’étaleront entre 1492 et 1504, ainsi que ceux d’Amerigo Vespucci, qui y ira à partir de 1497.  Même si Vespucci lui-même reconnaîtra Colomb comme le premier européen*  à explorer les rives du nouveau continent, Waldseemüller le baptise Amérique.

Vespucci

Vespucci

Il faut admettre que contrairement à Colomb, Vespucci était convaincu d’être en terrain totalement étranger à une quelconque civilisation chinoise ou indienne.

Waldseemüller se ravisera quelques années plus tard en éditant le nom du nouveau continent à Terra Incognita mais trop tard, le nom Amérique sera universellement adopté.  Imaginez, nous aurions pu être des christophiens au lieu d’américains.

C’est le 25; vous savez ce que ça veut dire, n’est-ce pas?

*En fait, le vrai premier européen à fouler notre continent aurait été le viking Leif Erikson, un demi-siècle plus tôt, mais n’en déplaise à nos amis terre-neuviens, sa découverte passera sous le radar.  D’ailleurs, les croisières à Punta Cana sont de loin plus populaires qu’à l’Anse aux Meadows…

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de piétionnisme

1877. Annonce Marche 6 joursAu terme d’un duel de marche de six jours au Royal Agricultural Hall d’Islington, à Londres, l’irlandais Daniel O’Leary cumule 519 miles, coiffant son adversaire Edward Payson Weston, qui n’aura réussi à en franchir que 510. Vous me pardonnerez le léger décalage, puisque l’exploit date du 7 avril, mais je tenais à le souligner. Durant les six jours de la compétition, l’évènement aura attiré un total de 80 000 spectateurs, dont 20 000 entassés dans l’enceinte pour être témoins des derniers tours de piste.  Pour sa victoire, O’Leary touchera 14 000$ (environ 280 000$US aujourd’hui), ce qu’il qualifiera à la blague comme un revenu décent pour une semaine de travail.  À tourner en rond…

PedestrianismPopulaire dans la seconde moitié du XIXe siècle, la marche rapide pourrait se comparer à l’ultra marathon d’aujourd’hui, mais avec un rayonnement et des cachets princiers pour les vainqueurs.

Ma vitesse moyenne de marche est de 5 km/heure.  En soustrayant 6 heures de repos, il resterait 18 heures, fois 6 jours, pour un cumul de 108 heures; à 5 km/heures, ça me donnerait un total de 540 kilomètres, mieux que l’exploit plus haut!  Pour un bref instant, je me serais projeté à cette époque pour faire fortune, mais il y a trois légers bémols.  Un, je ne peux pas voyager dans le temps.  Du moins, pas encore.  Deux, ma plus longue sortie à ce jour dépasse à peine 2 heures, avec raideurs; imaginez la souffrance pendant les seize autres heures.  Finalement, ayant omis de faire la conversion kilomètres/miles, ma performance de 540 km dégringolerait à 335 miles.  Pfffffft!…

La piscine est démarrée! 🙂

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Malaaade!

300px-The_Assassination_of_President_Lincoln_-_Currier_and_Ives_2 (1)Qu’ont en commun le comédien John Wilkes Booth et un iceberg?  Le premier atteindra mortellement avec son arme à feu le président Abraham Lincoln en cette soirée de 1865, alors que le second entrera en collision avec le Titanic en 1912.  Les deux victimes périront tôt le 15 avril.  Le score de vies perdues est peut-être inégal, soit un décès contre environ 1 500, mais les impacts historiques et médiatiques seront majeurs dans les deux cas.  Booth sera retracé et abattu 11 jours plus tard, alors qu’iceberg se fondra lentement dans l’Atlantique.

Laitue compris?

Laitue compris?

Quels moments pénibles que ces derniers jours pour le bloggeur.  Pas une grippe, mais un vrai rhume d’homme!  Alors que la toux s’estompe graduellement, les écoulements de lubrifiant à cerveau vont bon train.  Au moins, la voix donne quelques signes d’un retour prochain.

Je vous laisse, une salade m’attend.

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Carey

1890. CareyMalgré le titre, désolé pour ceux qui croyaient que cette chronique toucherait un populaire hockeyeur local blessé au bas du corps. La saison est finie et le post mortem de l’équipe est prévu dès cet après-midi. Voilà!

SubbanNos adieux vont en ce jour à Joseph Carey Merrick, ce sympathique monstre du XIXe siècle, mieux connu sous son nom de scène, l’Homme Éléphant.  À ne pas confondre non plus avec un autre populaire hockeyeur local, celui-là flamboyant, souvent désigné l’Homme Élégant.

Affligé depuis l’enfance d’une maladie causant d’horribles difformités, aujourd’hui identifiée syndrome de Protée, il s’éteint à l’âge de 27 ans.

Joseph_Merrick_carte_de_visite_photo,_c._1889

 

Sauf pour quelques tournées de freak shows en Angleterre et en Europe qui ne lui rapporteront que des pitances, il trouvera refuge dans un workhouse, un hospice à Leicester.  Il sera ensuite pris en charge par le docteur (et ami) Frederick Treves, qui l’installera à l’hôpital de Londres où il y restera jusqu’à sa mort.

À l’époque, certains auraient évoqué comme cause possible de sa condition, le traumatisme de sa mère qui enceinte, avait évité de justesse d’être piétinée par un éléphant.  Il serait intéressant de voir l’impact qu’aurait pu avoir une attaque dans des conditions similaires d’un dindon sauvage sur une madame étendue sur son couch, comme ce fut le cas récemment à Gatineau…dindon-sauvage-reportageVous avez vu la belle couche de m… blanche ce matin sur le sol?  Voilà donc l’occasion de vous rappeler qu’il ne reste plus que 257 jours…

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$$$

1778. Ce jour est dédié à un héros obscur de la guerre d’indépendance des États-Unis, Oliver Pollock. Inutile de chercher son nom parmi les têtes d’affiche du film de la révolution, tels Washington, Jefferson et Adams; au mieux, il se retrouvera plutôt vers la fin du générique, en petits caractères. Sauf que sans son apport financier à la révolution, l’histoire de l’Amérique aurait pu s’écrire d’une tout autre façon.

Brillant homme d’affaires, Pollock fera l’essentiel de sa fortune par ses échanges commerciaux dans les Antilles, d’abord installé à Cuba, puis à la Nouvelle-Orléans, toujours sous contrôle espagnol à l’époque.  Il est prospère, certes, mais surtout généreux.  En temps de pénurie et de famine, il se fera une notoriété en important une cargaison de farine, qu’il revendra localement à la moitié du prix habituel.  Une forme de marché blanc?

En bon immigrant irlandais, il épouse sans hésiter la cause révolutionnaire contre l’Empire britannique (il épousera bien sûr une p’tite Irlandaise, mais là n’est pas le but de l’exercice).  Non seulement engloutira-t-il sa fortune pour soutenir la révolution, il s’endettera sérieusement, sans par la suite pouvoir rembourser.  Nommé agent pour les États-Unis à La Havane en 1783, l’accueil sur l’île se transformera en un emprisonnement pendant deux ans pour dettes impayées, totalisant 150 000$.

Oliver Pollock

Toute cette belle histoire n’est en fait qu’un préambule pour mon sujet du jour.

En bon gestionnaire, monsieur Pollock aurait tenu des registres comptables précis, mais avec  un talent calligraphique perfectible, style pattes de mouche.  Ses transactions se faisant en devises espagnoles, sa version du symbole ‘’ps’’ pour le peso était telle que les deux lettres s’imbriquaient l’une dans l’autre, ressemblant à un ‘’$’’.  Un copain et associé de Pollock, Robert Morris, adoptera ce symbole dans un document officiel.  Le symbole sera ajouté en 1797 comme type coulé en typographie, puis adopté universellement pour désigner le dollar.  À défaut de trouver une autre source antérieure pour la création du ‘’$’’, Oliver Pollock s’en voit attribué la paternité bien malgré lui…

Finalement, que peut-on affirmer en ce 1er avril?  Bien oui, vous l’avez deviné : il reste 267 jours avant Noël!

 

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Folie Seward

1867. 300px-Alaska_purchaseDes négociations entre William H. Seward, le secrétaire d’État américain et le baron Edouard de Stoeckl, ambassadeur de l’Empire russe, aboutissent au petit matin par la signature du traité d’achat du territoire de l’Alaska. Le tout se conclut pour la rondelette somme de 7 200 000$US, soit l’équivalent approximatif de 0.02$ l’acre.

En dollars d’aujourd’hui, ça oscillerait autour de 1,7 milliard, soit tout juste assez pour se taper un stade olympique, avec presque un nouveau toit…

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C’est un grand jour pour Seward, également pour Céline Dion et Guillaume Couture, ces derniers fêtant respectivement leurs anniversaires (mais ça n’a pas vraiment rapport).  Or la transaction est loin de faire l’unanimité au Congrès.  D’ailleurs, la motion ne passera que par une seule voix de majorité au Sénat dix jours plus tard.

On qualifiera l’achat de ce lointain terrain ‘’la folie Seward’’, ou encore du ‘’jardin d’ours polaire’’ du président de l’époque, Andrew Johnson.  Pourtant, avec l’achat une soixantaine d’années plus tôt de la Louisiane, ça s’avérera être un autre bon deal pour les États-Unis.  Dans le premier cas, ça aura été un achat stratégique pour éviter d’être pris en sandwich entre deux puissances colonialistes ennemies, la France et l’Angleterre.  Ça aura  également donné à Napoléon l’occasion de regarnir un peu ses coffres pour mieux se chamailler avec son voisin.

L’Alaska représente plutôt une vente de feu, la Russie connaissant de sévères difficultés financières, ou  ‘’pauvre comme un crucifix pleumé’’, pour citer affectueusement le regretté Jean Lapierre.  Ce sera quand même une situation gagnant-gagnant pour l’Amérique et la Russie, les deux cherchant à tout prix à éviter que la méchante flotte anglaise (encore elle) ne consolide sa domination des côtes du Pacifique.

Salut, salut, monsieur Lapierre.

Salutsalut

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Yogi

1962. C’est un grand jour pour Yogi l’ourse, la première à s’envoyer en l’air. Non, pas celle que l’on peut admirer dans le ciel nocturne étoilé. Et malgré son nom, il ne faut pas la confondre non plus avec le joyeux voleur de paniers à pique-niques du parc Jellystone.

Grande Ourse   Yogibear

Yogi aura l’honneur d’être la première ‘’volontaire’’ éjectée d’un aéronef B-58 filant à une vitesse supersonique de 870 milles à l’heure (1 400 km/h) et à une altitude de 35 000 pieds (10 668 mètres) à bord d’une capsule pressurisée.

B-58-Bear-Ejection-Seat

Après une descente en parachute qui aura duré près de 8 minutes, la capsule touchera doucement le sol.  Toujours sous l’effet des sédatifs à sa sortie de l’habitacle, l’héroïne du jour nous servira un ‘’mounoumounou’’ un peu confus que seul Pépinot aurait pu comprendre, mais affichera quand même une excellente forme.  Si cette dernière phrase vous touche, vous êtes assurément éligibles pour joindre les rangs de la fadoq, à moins que ce ne soit déjà fait.

Le printemps s’amorce sur la fraîche; puisqu’il reste encore 278 jours avant Noël, pourquoi pas un sapin de Pâques?…

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Formi, fort mi…

1945. Maurice Richard devient le premier hockeyeur à atteindre le cap de 50 buts dans la LNH. Au fil des ans, il sera imité chez le Canadien par les Geoffrion, Lafleur (6 fois), Shutt, Larouche, Richer, puis ça s’arrêtera là. Des exploits formi, formidables.

2016. Ayant trôné en début de saison à la tête de sa division suite à un départ canon, le CH perd son gardien et glisse inexorablement vers les bas-fonds. Le cumul de buts des deux meilleurs buteurs, Pacioretti et Galchenyuk vient à peine d’atteindre ce seuil.  Une saison formi,  fort minable.

photo d'équipe

photo d’équipe

 

Merci au duo improbable Aznavour-Fournier pour l’inspiration.

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Condamné, torturé, toasté, excusé

1762. 250px-CalasChapbookReconnu coupable du meurtre d’un de ses fils, Marc-Antoine, Jean Calas est condamné par le tribunal de Toulouse «à être rompu vif, à être exposé deux heures sur une roue, après quoi il sera étranglé et jeté sur un bûcher pour y être brûlé ». Ça, c’est de la peine!  La sentence est exécutée dès le lendemain.

JeanCalas

Pour le contexte, Marc-Antoine aurait été retrouvé pendu dans la maison familiale.  Voulant éviter l’humiliation du traitement réservé à un suicidé, soit d’être « traîné sur la claie », une sympathique ballade derrière un cheval à travers la ville, face contre terre, puis jeté aux ordures, la famille décide de le détacher et déclarer aux autorités qu’il avait été assassiné par étranglement.  Mauvaise décision.  De plus, en cette époque de fortes tensions entre la majorité catholique et la minorité protestante, dont fait partie la famille Calas, la rumeur coure qu’avant sa mort, la victime voulait se convertir au catholicisme et ce, au grand dam du paternel.  Les soupçons collent plutôt sur Jean Calas, qui devra se défendre face une justice déjà convaincue de sa culpabilité.

1765. Le même jour, mais trois ans plus tard, Jean Calas est exonéré de tout blâme par le Conseil du roi, lui et sa famille définitivement réhabilités. C’est assurément trop tard pour le marchand d’étoffe toulousain, mais au moins sa veuve touchera une compensation de 36 000 livres.

Le processus de réhabilitation aura été entrepris grâce à l’intervention de Voltaire et la publication en 1763 de son Traité sur la tolérance.  Ce geste sera en quelque sorte imité en 1898 alors qu’Émile Zola publiera J’accuse!, en défense d’Alfred Dreyfus.

Sûr que le candidat vedette du GOP à la présidentielle ces jours-ci est un grand fan de Voltaire…

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