Elizabeth Hogg Bennett, césarienne, Dr Jesse Bennett

1794. Dans le comté de Rockingham, en Virginie, commencent les contractions pour la très enceinte Elizabeth Bennett (née Hogg), qui s’avèrent pénibles. Les choses se compliquent, alors que le médecin appelé à son chevet, le Dr A. Humphrey, se rend compte que l’accouchement par voies naturelles sera impossible, n’ayant pu extraire le bébé à l’aide de forceps. C’est la mort certaine pour la mère et l’enfant si rien n’est fait, alors qu’une intervention par césarienne est la seule alternative, quoique vouée irrémédiablement au même résultat, selon le médecin.  Malgré les discussions, le docteur Humphrey refuse d’aller de l’avant avec l’intervention, ou de prêter assistance au jeune père en devenir, lui-même médecin depuis peu, puis prend congé.

Encouragé par sa femme Elizabeth qui se tord de douleur, le docteur Jesse Bennett, aidé par deux serviteurs noirs, s’active à monter une table d’opération de fortune avec des planches sur des barils; il lui fait ingérer une forte dose de laudanum, puis passe prestement à l’acte, éclairé par une bougie que tient sa belle-soeur.  La petite Maria devient la première à naître (et survivre) par césarienne aux États-Unis.  Le miracle est double puisque la mère, dont la plaie est refermée par des points de suture au fil de lin (provenant de son panier de couture), survivra également.

Sa motivation n’ayant été qu’exclusivement le bien-être de ses femmes, il refusera de partager ce fait d’armes avec quiconque.  On peut en conclure qu’il n’avait aucune ambition politique.  Un autre médecin, le Dr John Lambert, sera donc crédité en 1827 de la première intervention césarienne réussie.  Or ce ne sera qu’en 1842, après le décès du Dr Bennett, qu’un autre médecin, le Dr A.L. Knight, issu du même patelin, fera les démarches et les recherches pour le faire reconnaître à juste titre comme le vrai pionnier.

Une belle histoire, non?