Benjamin Franklin, Grand sceau des États-Unis, dindon

1784. Mécontent du choix du pygargue à tête blanche par le congrès comme emblème faunique sur le Grand sceau des États-Unis, Benjamin Franklin, alors toujours en France, écrit à sa fille, suggérant que le dindon aurait été un choix plus adéquat. Dans son texte, il s’en prend à la moralité discutable de l’aigle, l’ayant déjà observé voler la proie d’un autre oiseau, plutôt que de faire l’effort de chasser lui-même son lunch, sans oublier qu’il pouvait fréquemment être pris en chasse par des volatiles beaucoup plus petits que lui. Il continue en vantant la noblesse du dindon qui, malgré son air innocent et vaniteux, aurait le ”courage de s’attaquer à un grenadier de la garde britannique”.

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Homme brillant au sens de l’humour et de la dérision notoire, Franklin s’attaquait à la représentation maladroite originale de l’oiseau, adoptée précedemment par la Société du Cincinnati, dont la tête pouvait plus faire penser à la star de la Thanksgiving.   Heureusement, le produit final aura intégré quelques raffinements esthétiques.

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On peut noter qu’il aurait également fait la promotion du crotale (le serpent à sonnettes) comme emblème des États-Unis dans une lettre publiée dans le Pennsylvania Journal en 1775.

C’est avec regret que nous devons avouer ne pas avoir trouvé dans les archives des commentaires de monsieur Franklin à propos de l’emblème choisi chez ses voisins du nord, mais il est sûr qu’il devait reconnaître en ce sympathique rongeur un noble travailleur infatigable.  Toujours est-il qu’il en appréciait définitivement la chaleur et le confort durant les longs mois d’hiver.

castor canada  Franklin hat

Voyez comment notre petit ami est prévoyant, alors qu’il a été surpris hier à son retour d’un populaire outlet de la région; il ne reste quand même que 332 jours avant Noël…

castor noel