Ignace

1521. C’est le siège de la ville de Pampelune par une coalition franco-béarno-navarraise, commanditée par le roi François 1er, le même qui permettra en 1524, Giovanni da Verrazzano, puis en 1534, Jacques Cartier de venir se métamorphoser en ponts sur le nouveau continent.

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Les assiégés, espagnols, croulant sous le nombre, songent à se rendre, mais un officier gentilhomme d’origine basque, ambitieux, les exhorte à tenir bon.  Malheureusement pour lui, un boulet de canon ennemi vient en ce jour le faucher au bas du corps.  Alors que les hostilités font toujours rage, il est ramené chez lui, où les médecins confirment des blessures sérieuses aux deux jambes, la droite étant fracturée et nécessitant des opérations.  Il faut garder en tête que la médecine de l’époque n’a pas le raffinement de celle d’aujourd’hui, ce qui inclut l’absence de produits  anesthésiants modernes.

220px-Ignatius_of_Loyola_(militant)  St_Ignatius_of_Loyola_(1491-1556)_Founder_of_the_Jesuits

Ce sera donc une longue et souffrante convalescence de 10 mois pour Iñigo Perez de Loyola, ou Ignace de Loyola, preux chevalier forcé à la retraite de l’armée espagnole.  Il aura amplement de temps pour la lecture, mais n’aura que des textes religieux à sa disposition.  Ces lectures, doublées de songes dans lesquels il voit apparaître la Vierge et le Saint Enfant Jésus (peut-être alors est-il pris de douleurs délirantes ou serait-ce l’effet de produits analgésiques aux propriétés hallucinogènes, mais on lui donnera le bénéfice du doute), le convertiront en conquistador de la chrétienté en Terre Sainte.

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En route pour Jérusalem, il s’arrêtera au monastère bénédictin de Montserrat, où il troquera ses habits militaires et armes, laissés devant la Vierge noire, pour une simple soutane de toile.  Mal rétabli, il remettra son pèlerinage à plus tard, passant plutôt plusieurs mois dans une grotte près de Manrèse, préférant peut-être déambuler aux abords d’un talus, la jambe droite (plus courte) en amont.  Ne prenez pas ce dernier commentaire au pied de la lettre; me croyant drôle, j’avoue ici faire de l’esprit de bottine.

Quoique son histoire soit fascinante, je vous épargnerai les détails, voulant m’en tenir à l’évènement du jour, ainsi qu’à mon quota journalier de mots, malgré le silence d’hier.  D’ailleurs, j’imagine avoir déjà perdu l’intérêt de quelques fidèles.  Pour condenser, disons qu’il sera un des cofondateurs et élu, en 1541, le premier supérieur général de la Compagnie de Jésus (Jésuites).

Et Pampelune alors?  Les espagnols auront profité de son absence inopportune pour finalement aller de l’avant avec le plan original de reddition.  Que voulez-vous?…