de phallocratie

1862. Publication de l’Ordre Général no. 28, émanant des quartiers généraux du département du golfe de l’Union, à la Nouvelle-Orléans. Le terme golfe n’ayant pas encore été amputé de sa dernière voyelle, ceci n’a aucun lien avec une quelconque activité ludique où des gentlemen traversent de bucoliques paysages en tapant de petites balles blanches, tout en récitant des mantras à connotation religieuse.

220px-General_Benjamin_Butler_Brady-Handy

La guerre de Sécession fait rage.  Fraîchement tombée aux mains de l’armée unioniste, la Nouvelle-Orléans est soumise à la loi martiale, sous les ordres du major général Benjamin Butler.   Ce règne n’est visiblement pas apprécié par la population locale, majoritairement féminine puisque bien des ‘’gars de la place’’ sont absents, partis servir dans les forces confédérées.  Irrité de voir ses p’tits gars à la tunique bleue invectivés, voire même agressés par crachats ou douches des contenus de pots de chambres, il pond cette règle statuant que si une femme agresse, insulte ou démontre une attitude de mépris envers un soldat ou officier fédéral, elle sera considérée, donc traitée au même titre qu’une femme de la ville sollicitant des activités intimes.  À bien y penser, n’est-ce pas là le propre d’une prostituée que de se montrer souriante, gentille et pleine de sollicitude devant un inconnu sur la voie publique?  La caricature d’époque ci-dessous illustre de gentes dames crachant sur les GO (gentils officiers) avant la loi 28, puis démontrer une attitude plus appropriée par la suite.

200px-LadiesNOLAButlerProclamation

Cet ordre, interprété par les femmes de la Nouvelle-Orléans comme la légalisation implicite du viol, provoquera des vagues de protestation, tant au nord qu’au sud des États-qui-ne-sont-plus-Unis, ainsi qu’en France et en Angleterre.  La Chambre des Lords britannique la qualifiera de proclamation des plus haineuses, des plus grotesques, brutales et insultantes à l’égard de chaque femme de la Nouvelle-Orléans.   Cet incident finira par rattraper ce sympathique gestionnaire de l’école phallocratique, probablement une nomination politique par un ancêtre d’un premier ministre conservateur, alors qu’on le remplacera le 16 décembre par un militaire moins controversé, le major général Nathaniel P. Banks.

Comme en fait foi l’attitude de la haute hiérarchie militaire canadienne ces jours-ci sur le traitement des incidents d’abus et d’harcèlement sexuels vis-à-vis les femmes au sein des Forces, le fantôme du major général Butler doit encore hanter certains quartiers généraux…

————————————————-

Déjà un an, demain, d’écoulé depuis mon changement de statut d’acheteur à celui de blogueur et…rentier.  Mes salutations aux collègues et ami(e)s avec qui j’ai partagé de belles années, vous espérant tous autant choyé(e)s que moi par la vie.

223 jours!…

This entry was posted in De jour en jour and tagged , , , . Bookmark the permalink.

One Response to de phallocratie

  1. Jacques Rousseau says:

    Bonjour a toi, notre cher blogueur préféré et un merci sincère pour toutes ces belles années a notre lieu de travail précédent, jusqu’ a il y a un an, comme tu nous le rappelle si bien; surtout merci pour cette amitié si appréciée ! Bonne journée ! Jacques

Leave a Reply