Désolés!

1998. C’est aujourd’hui la National Sorry Day en Australie. Ce jour commémore le dépôt au parlement australien, le 26 mai 1997, du rapport intitulé ‘’Bringing Them Home’’, une brique de 680 pages résultant d’une commission d’enquête commandée deux ans plus tôt sur le sort des générations volées, ces enfants d’Aborigènes enlevés de force à leurs parents par le gouvernement , une pratique ayant ses origines avec la Aboriginal Protection Act de 1869 qui durera jusqu’en 1969.

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L’idée était d’appliquer une approche eugéniste (non, rien à voir avec notre vedette locale de tennis) pour assurer la pérennité de la race blanche, dite ‘’supérieure’’ sur les colonisés, donc  de race ‘’inférieure’’, qui viendraient à disparaître avec le temps.  Une forme de génocide, à dose homéopathique.  Par contre, l’augmentation de métis augmentait, menaçant la pureté de la race blanche, puis les Aborigènes ne semblaient pas près de l’extinction.  Il fallait donc intervenir (darwinisme social) pour que l’évolution garde le ‘’droit chemin’’.  Enlevés de leurs parents, les enfants métis étaient donc placés dans des orphelinats, pour assimilation à la race blanche, un processus qu’on estimait pouvoir se compléter en 5 ou 6 générations.  Les estimés varient entre 50 000 et 100 000 victimes.

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En fait, les excuses publiques tarderont et ne seront livrées par le premier ministre Kevin Rudd que le 13 février 2008, devant le parlement australien.

Fontaine et Harper

Pour sa part, le gouvernement canadien fera son propre acte de contrition vis-à-vis ses quelques 150 000 victimes autocthones, le 11 juin de la même année, pour les traitements abusifs subis dans des pensionnats subventionnés par l’État.  Une somme compensatoire de 2,2 milliards de dollars a été budgétée pour couvrir les réclamations de survivants.  Nous sommes quand même moins pingres que les australiens, ces derniers ayant omis ‘’to put their money where their mouth is’’…

Et pendant ce temps, la Turquie…

 

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