Superman

Ce fut hier une journée frustrante pour moi.  Alors que le temps s’avérait incertain pour le reste de la semaine, je profitais de cette belle journée pour faire ma première sortie de vélo de la saison.  Un peu tard, diront certains, mais vieux motard que jamais.  L’intention était de m’en tenir à une courte ballade, question de m’assurer que cette rencontre initiale avec la selle reste dans les limites du confortable.

Or à peine 9 kilomètres franchis, j’ai commencé à ressentir un malaise derrière le genou gauche, une inflammation autour de la tête du péroné, vestige d’une vieille blessure dont les séquelles semblent m’avoir adopté pour le très long terme.  Sachant que ce malaise dégénère rapidement en douleur vive,  le retour à la maison se transformerait d’agréable ballade en supplice.

Peu de temps après, c’était la crevaison du pneu arrière.  La douleur, aussi débilitante puisse-t-elle être pour mouliner, n‘est presque pas ressentie pour la marche, voire même le jog, ce qui est en soi une bonne nouvelle.  Sauf qu’il me restait près de 7 kilomètres à marcher pour me rendre à destination, mon appli d’entraînement confirmant ces données.  Je sais, je n’allais manquer aucun rendez-vous et le temps était relativement beau.  Cette marche m’a donc donné le loisir de ruminer longuement sur le sens de la vie et le déclin physique du sexagénaire, pensant entre autre à annoncer la bécane sur Kijiji.  Le spleen, quoi…

Pardonnez-moi cette tranche de vie personnelle, mais j’y voyais  là un bon préambule à l’évènement du jour.

1995. Lors d’une compétition au centre équestre de Commonwealth Park, à Culpeper en Virginie, le cheval Eastern ‘’Buck’’ Express refuse soudainement de négocier la troisième barrière du parcours, propulsant son propriétaire et cavalier, Christopher Reeve par-dessus bord. Dans sa chute, tête première au sol, deux vertèbres cervicales se brisent et la moelle épinière est sectionnée.

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Ayant cessé de respirer, les ambulanciers réussiront à le maintenir en vie jusqu’à son transfert à l’hôpital.  Sauvé, Superman sera dorénavant réduit à un rôle de tétraplégique, combattant son handicap pendant près de 10 ans avant d’être foudroyé à l’âge de 52 ans d’une crise cardiaque.

Que disais-je à propos de mon p’tit bobo à la papatte et autres frustrations?  Merci à cette belle vie, merci, merci, merci!

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One Response to Superman

  1. Ben says:

    Quand on se compare on se console! C’est comme cette dame, invitée à Tout Le Monde En Parle, qui disait être heureuse de vieillir étant affectée par une maladie incurable qui pouvait la tuer à tout moment. Depuis ce témoignage je ne me suis plus jamais plaint de vieillir!

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