Gruau de foi

1660. C’est jour d’exécution à Boston, par pendaison, pour Mary Dyer. Son crime aura été de défier les lois puritaines de la Nouvelle-Angleterre bannissant les gens de confession quaker dans la colonie.

M. Dyer

Les puritains, une dénomination dissidente issue de l’église anglicane, considérée une menace en Angleterre, avaient fui la répression une trentaine d’années plus tôt pour venir former leur propre société, la colonie de la baie du Massachussetts, dans la région de Salem-Boston.  Un autre groupe dissident, du nom de la Société religieuse des Amis, mieux connus sous le nom de quakers, également peu confortables dans le carcan dogmatique de la mère-patrie, avaient également fait la traversée vers le Nouveau Monde, espérant faire plus d’amis.

Quaker Oats

Les puritains de la Nouvelle-Angleterre étaient des…puristes, dans le sens que seule la foi anglicane, dans son essence était valable.  Quiconque osait permettre des bribes de croyance tirées du catholicisme, de la foi luthérienne ou tout autre variante du protestantisme venir contaminer la foi anglicane était considéré hérétique.  Les Amis, malgré leurs délicieuses céréales, étaient des hérétiques.

 

En gros, les puritains soutenaient le baptême et la communion, alors que les quakers, rejetant toute structure hiérarchique, ne croyaient en aucun sacrement, considérant plutôt tout geste sacré, s’il était fait au nom de Dieu.  Les puritains se croyaient investis par Dieu pour créer un état chrétien en Amérique, avec des lois strictes.  Les quakers croyaient plutôt à la liberté religieuse, refusant même les lois qui, à leurs yeux, violaient leurs préceptes d’égalité et de non-violence.

Mary Dyer

Mary Dyer aurait pu échapper à la peine capitale, mais la vlimeuse aura insisté à revenir à Boston, malgré les expulsions répétées, affirmant préférer mourir que de se soumettre aux lois anti-quaker.  Même après avoir eu sa peine de mort commuée alors qu’elle avait déjà la corde au cou l’année précédente, elle récidivera une autre (et ultime) fois.  On se souviendra de Mary Dyer, elle-même une puritaine convertie, comme l’une des trois membres du sélect groupe des martyrs de Boston.

Selon des sources, il ne faudrait pas ici tomber dans le piège du concept des bons quakers contre les méchants puritains.  La société religieuse des Amis de l’époque n’était pas nécessairement si angélique que pourrait faire croire le texte ci-haut.  Par leurs cris et excès verbaux lors de débats et leur propension à foutre le bordel dans des assemblées ou autres activités civiles, les quakers savaient frotter à rebrousse-poil.  Tiens, c’est à se demander si les casseurs de cours de l’UQAM ne seraient pas de ces quakers réincarnés…