Claudia et Néron

240px-Ritratto_di_claudia_ottavia,_da_roma,_via_vareseIl était une fois dans la Rome impériale, une jeune aristocrate du nom de Claudia Octavia, sœur de Britannicus, fille de l’empereur Claude et de sa troisième épouse, Messaline.  Selon le journal Nationalus Enquirius de l’époque, n’en pouvant plus des mœurs (et cuisses) légères de sa femme, Claude le cocu ne se formalisera pas outre mesure de l’élimination de Messaline par sa garde rapprochée, rendant la petite Claudia et son frère orphelins.

220px-Nero_1Il était une fois à la même époque (et même patelin), un autre aristocrate, celui-ci du nom de Lucius Domitius Ahenobarbus, fils de Gnaeus Domitus Ahenobarbus et d’Agrippine la Jeune, cette dernière, faut-il ajouter, la sœur de Caligula.  N’ayez crainte, le p’tit Lucius deviendra Néron, un nom plus facile à retenir.

Selon l’hebdo VII Giorni de l’époque, Agrippine, devenue veuve, réussit à battre au fil d’arrivée ses concurrentes à la succession de la Messaline ci-haut exécutée, pour devenir la quatrième épouse de Claude, qui en passant, se trouve également être son oncle.  Il y a ici odeur d’inceste, mais quelques sacrifices expiatoires par les pontifes évacueront ce léger malaise.

À date, vous me suivez?  Ce n’est pas grave, car c’est à partir d’ici que ça se corse.

Nous nous retrouvons donc avec Claude et Agrippine, le nouveau couple impérial, les enfants de Claude, Britannicus et Claudia, plus Néron, le fils d’Agrippine, adopté par Claude.

Notre Agrippine s’avère être très ambitieuse, arrangeant le mariage de son Néron avec la belle-sœur Claudia en ce 9 juin 53 (bien oui, j’y arrive enfin!), puis fera empoisonner son empereur de mari, soit-dit en passant, encore cocu.  Néron imitera sa méchante mère en éliminant son beau-frère Britannicus, devenant ainsi l’héritier du trône, puis récidivera quelques années plus tard en faisant assassiner une mère (oui, oui, Agripinne elle-même) un tantinet trop envahissante.  N’est-ce pas là un geste pire que de mordre la main qui l’a nourri?…

Je vous épargnerai le reste des juteuses péripéties de cette famille reconstituée et dégénérée, sauf pour cette manchette du journal Ave Polizia, en date du 9 juin 62 à propos du décès de Claudia, l’ex de Néron, retrouvée avec les veines sectionnées.  Dans sa ‘’peine’’, Néron enverra la tête de la décédée à sa nouvelle flamme, Poppea Sabina.  Personnellement, je m’en serais tenu à un bouquet de fleurs, mais qui suis-je pour juger?

OK, une p’tite dernière, question de compléter la trilogie du 9 juin.  En effet, l’édition du 9 juin 68 du journal Ave Polizia nous annoncera finalement le suicide de Néron.

Dure, dure, la vie d’empereur romain.

Tiens, il me vient à l’idée un nom comme Ahenobarbus pour une collection de bijoux, mais je n’irai pas là…