Laura

1813. Laura Secord quitte sa maison au petit matin et entreprend une marche qui s’étirera sur 32 kilomètres. Son objectif est d’aller alerter la garnison britannique de la bourgade voisine de Beaver Dams qu’une attaque surprise des troupes américaines est imminente. En fait, la distance entre son village de Queenston, dans la péninsule du Niagara et Beaver Dams n’est que de 12 kilomètres; or la futée p’tite madame, qui a un sens de l’orientation supérieur à celui de ma douce chérie et qui n’est pas faite en chocolat (du moins, pas pour un autre 100 ans), fera des détours pour éviter d’attirer l’attention des forces d’occupation américaines de son patelin.

Laura Secord Beaver Dams

Elle parviendra à joindre le lieutenant James Fitzgibbon et lui faire part des conversations entendues la veille d’officiers hébergés chez elle.  Grâce à cette intervention, ce sont plutôt les Américains qui le 24, feront les frais de la surprise, le contingent  de 462 hommes étant contraint de se rendre face à 50 soldats britanniques, soutenus par environ 400 Mohawks.

Laura Secord 1812

Laura Secord 1865Sera-t-elle récompensée pour sa bravoure?  Malgré des demandes répétées, il lui faudra attendre presque 50 ans avant d’avoir une quelconque reconnaissance.  Ce n’est qu’à l’âge de 85 ans qu’elle recevra la ‘’généreuse’’ somme de 100£ du prince de Galles, le futur roi Edward VII, une pitance pour une héroïne de la trempe des Madeleine de Verchères et Paul Revere.  Deux siècles plus tard, la belle Laura, avec son pif de jeune première (et un bon agent) aura sûrement pu attirer la reconnaissance d’une nation de façon plus efficace.

Et les p’tits Simards, qui avec cette seule ritournelle des p’tits poudings, auront probablement empoché plus de revenus qu’elle une vie durant.  Il y a de ces injustices…

N’en déplaise à l’ancien premier ministre Borden, le poster boy du jour sur notre ”brun”, ou même à notre Liz II adorée, une monnaie rafraîchie, version Laura, serait sûrement appréciée.

Laura 100$