Jérusalem libérée

1099. Suite à un siège de 5 semaines, ponctué de quelques tentatives infructueuses par les croisés, un dernier assaut entrepris l’avant-veille par ceux-ci vient finalement à bout des défenses de Jérusalem, l’objectif ultime de cette première croisade.

280px-Godfrey_of_Bouillon_and_leaders_of_the_first_crusade

Pour les 1 500 chevaliers et 12 000 soldats croisés, il était temps que l’aventure aboutisse, ces derniers souffrant davantage de faim et de soif (avaient-ils oublié leur lunch, ou de contracter un service de traiteur?) que les assiégés.  De plus, la rumeur courrait que des troupes fatimides étaient en route d’Égypte pour venir contrer le siège.

Counquest_of_Jeusalem_(1099)

C’est donc la ‘’libération’’ de Jérusalem par les croisés, ceux-ci massacrant joyeusement les occupants musulmans et juifs par milliers à l’intérieur de ses murs, heureux enfin de compléter le mandat de reconquête de la Terre Sainte pour la chrétienté, commandité originalement comme pèlerinage quatre ans plus tôt par le pape Urbain II.

Il est bon de noter ici qu’il était de coutume moyenâgeuse pour les conquérants, toutes confessions ou races confondues de se taper, en plus du pillage, un petit massacre de la population conquise, question de bien assoir son autorité sur les survivants.  Or il semblerait que dans ce cas, les croisés auraient fait preuve d’un zèle quelque peu excessif, donnant plus que leur 110% d’effort, comme peut l’illustrer un passage de la description des combats par des chroniqueurs francs : « Entrés dans la ville, les pèlerins poursuivaient, massacraient les Sarrasins jusqu’au Temple de Salomon… où il y eut un tel carnage que les nôtres marchaient dans le sang jusqu’aux chevilles ».

180px-StatueUrbanII

Le pape Urbain II décèdera deux semaines après la conquête des croisés à Jérusalem, mais, ironie du sort, avant que la bonne nouvelle ne parvienne à ses oreilles.

Mon intérêt récent pour l’histoire me force à constater que près d’un millénaire plus tard, même si la race humaine a depuis longtemps quitté le Moyen Âge, certains gestes prouvent qu’il y a encore du Moyen Âge en nous.