d’occurences éphémères et de censure

1690. Parution, à Boston, du premier journal aux États-Unis, le mensuel Publick Occurrences Both Foreign and Domestick. En guise d’introduction, son rédacteur, Benjamin Harris, affirme qu’il importe de faire la guerre à l’esprit de mensonge.  « Je n’imprimerai rien dont je n’aie contrôlé l’exactitude, et si je commets quelque erreur involontaire, je la rectifierai dans le numéro suivant. »

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Malheureusement, il n’y aura pas de numéro suivant, les autorités coloniales fermant le journal quelques jours plus tard, saisissant et détruisant les copies non distribuées, tout en envoyant Harris réfléchir au cachot.  Il sera accusé d’avoir préalablement omis de se procurer une licence auprès des autorités compétentes (i.e. le gouverneur).  Pire, le journaliste aurait osé traiter de sujets délicats, par exemple le traitement brutal de Français par des Amérindiens alliés aux Britanniques.  Il faut dire que ce fauteur de troubles s’était déjà attiré les foudres des autorités de Londres pour ses écrits avant de traverser en Amérique.  On se doit d’ajouter que le gouverneur de la colonie du Massachusetts, un pur royaliste (et probable ancêtre de Stephen Harper) considérait les journaux comme des instruments de désobéissance et d’hérésie.  Que d’évolution depuis 3 siècles!…

2015. Quelque seize mois déjà d’écoulés depuis le début de cette chronique; les sujets et les prétextes abondent toujours, mais le temps d’une pause est venu. Je reviendrai à l’occasion, mais là, il y a trop de choses à faire pour maintenir le rythme. Au moins, mes éphémérides De jour en jour  auront sévi plus longtemps que le Publick Occurrences…  Il est par contre de mon devoir de vous rappeler qu’il ne reste plus que 3 petits mois avant Noël!

Merci et à bientôt!