Condamné, torturé, toasté, excusé

1762. 250px-CalasChapbookReconnu coupable du meurtre d’un de ses fils, Marc-Antoine, Jean Calas est condamné par le tribunal de Toulouse «à être rompu vif, à être exposé deux heures sur une roue, après quoi il sera étranglé et jeté sur un bûcher pour y être brûlé ». Ça, c’est de la peine!  La sentence est exécutée dès le lendemain.

JeanCalas

Pour le contexte, Marc-Antoine aurait été retrouvé pendu dans la maison familiale.  Voulant éviter l’humiliation du traitement réservé à un suicidé, soit d’être « traîné sur la claie », une sympathique ballade derrière un cheval à travers la ville, face contre terre, puis jeté aux ordures, la famille décide de le détacher et déclarer aux autorités qu’il avait été assassiné par étranglement.  Mauvaise décision.  De plus, en cette époque de fortes tensions entre la majorité catholique et la minorité protestante, dont fait partie la famille Calas, la rumeur coure qu’avant sa mort, la victime voulait se convertir au catholicisme et ce, au grand dam du paternel.  Les soupçons collent plutôt sur Jean Calas, qui devra se défendre face une justice déjà convaincue de sa culpabilité.

1765. Le même jour, mais trois ans plus tard, Jean Calas est exonéré de tout blâme par le Conseil du roi, lui et sa famille définitivement réhabilités. C’est assurément trop tard pour le marchand d’étoffe toulousain, mais au moins sa veuve touchera une compensation de 36 000 livres.

Le processus de réhabilitation aura été entrepris grâce à l’intervention de Voltaire et la publication en 1763 de son Traité sur la tolérance.  Ce geste sera en quelque sorte imité en 1898 alors qu’Émile Zola publiera J’accuse!, en défense d’Alfred Dreyfus.

Sûr que le candidat vedette du GOP à la présidentielle ces jours-ci est un grand fan de Voltaire…