Vol 831

1963. Le menu météo en ce début de soirée est à la pluie et un léger brouillard. Décollé à peine quelques minutes plus tôt de Dorval, un DC-8 de la Trans-Canada Airlines* en route pour Toronto, décide plutôt de plonger et labourer un profond cratère dans un boisé marécageux à Sainte-Thérèse. À l’impact, la vie des 111 passagers et 7 membres de l’équipage s’évapore.  L’accès des secours à la zone sinistrée est difficile à cause du type de terrain, mais surtout à cause des curieux accourus bloquant la Route 11 (aujourd’hui la 117), la seule route à proximité du site.

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Plusieurs scénarios sont envisagés, mais la cause exacte de l’écrasement demeurera un mystère, faute d’absence de ‘’boîtes noires’’, pas encore requises à bord des appareils à l’époque. Cet incident demeure à ce jour une des pires tragédies aériennes en sol canadien.

2016. Le menu météo en ce début de journée est à un mélange de pluie et de verglas. Qu’à cela ne tienne, il me faut rendre visite au monument commémoratif de l’incident, dans le petit cimetière de Sainte-Thérèse, puis au site de l’écrasement, à Blainville.

Ambitionnant de parcourir le tout à pied, je gare l’auto dans le stationnement d’un centre commercial aux abords de l’autoroute 15 à Sainte-Thérèse, puis entreprends, au péril de ma vie, ce pèlerinage sur chaussée glacée.

Ayant fait le tour du cimetière – une chance qu’il est petit – un discret panneau me signale que le monument est accessible par la rue Sicard, de l’autre côté d’la track, donc un détour de quelques kilomètres.  Diantre, me dis-je.  Le détour en vaudra la peine.

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Recueillement.

Déjà une heure et demie de marche et je commence à avoir l’air d’un gros glaçon sur deux pattes, ces dernières inconfortablement enrobées de jeans détrempés.  La phase 2 de mon périple sera donc remise à un autre jour, au printemps…

*rebaptisée Air Canada

de Révolution et baignoire nationale

1793. jean-baptiste-carrier-jpegSur la Loire, en cette nuit du 26 au 27 Brumaire An II (16-17 novembre), une barque à fond plat est coulée, entraînant la noyade d’environ 90 prisonniers qui y étaient entassés, tous des prêtres dits réfractaires. C’est la première d’une longue série de noyades de masse qui se dérouleront dans la Loire, soit jusqu’en février 1794. Ironiquement, l’incident, considéré comme un ‘’accident’’ par Jean-Baptiste Carrier, sera adopté quelques semaines plus tard comme standard par le Comité révolutionnaire de Nantes, qu’il dirige, en plus de la fusillade et la guillotine, pour expédier les exécutions des ennemis de la Terreur.

Selon les sources, on comptera entre 7 et 11 noyades organisées, liquidant une moyenne de 300 à 400 personnes, hommes, femmes et enfants.

Un commissaire civil de l’époque écrira aux administrateurs ‘’Ici on emploie une toute autre manière de nous débarrasser de cette mauvaise engeance.  On met tous ces coquins-là dans des bateaux qu’on fait couler ensuite à fond.  On appelle ça « envoyer au château d’eau ».  En vérité, si les brigands se sont plaints quelque fois de mourir de faim, ils ne pourront pas se plaindre de mourir de soif…’’.

J-B Carrier, ne manquant pas non plus d’humour, fera référence à ces exécutions de « déportations verticales », qualifiant la Loire de « fleuve républicain ».

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En ce 26 Brumaire An CCXXV (aujourd’hui, selon le calendrier républicain français), espérons que les proches du président élu – dont il vaudrait mieux taire le nom, même si sa fille vend de beaux bijoux – feront preuve d’un peu plus de retenue envers l’engeance d’Amérique.

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R.I.P. Nevsky

alexander_newski1263. Nous pleurons aujourd’hui le départ d’Alexandre Iaroslavitch, prince de Novgorod, grand prince de Kiev et grand prince de Vladimir. C’est lors de sa victoire aux dépens des Suédois à la bataille de la Neva, en juillet 1240, qu’il s’est vu attribué le surnom de Nevsky. Il sera canonisé par l’Église Russe Orthodoxe en 1547, puis élevé au titre de héros national par Staline lors de la Seconde Guerre mondiale.

 

nevskyDonc, en extrapolant, si Napoléon était sorti vainqueur de la bataille de Waterloo, aurait-il hérité du surnom de Waterski?  Je sais, elle est terrible.

L’intention originale était de faire un lien, style réincarnation, entre le personnage central de la chronique et un coach frisé de p’tites voix, mais je ne le ferai pas, pa pa pa pa pa, pa pa pa…

Freddy & Donald

1984. Sortie fulgurante dans les cinémas d’Amérique du film d’horreur A Nightmare on Elm Street, dans lequel le terrifiant Freddy attaque ses victimes dans leurs rêves, et la réalité.

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2016. Dénouement terrifiant de l’élection présidentielle américaine, où se joue A Nightmare on Times Square, dans lequel le charismatique Donald triomphe, malgré l’establishment de son propre parti.

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Ainsi s’amorce une nouvelle vague de vêtements griffés…


Pour une bonne cause

1862. Le brevet américain #36,836 est accordé au Dr. Richard Jordan Gatling pour sa mitrailleuse, dont l’introduction changera la dynamique des théâtres d’opérations militaires. C’est dommage pour le pauvre général Custer, qui aurait levé le nez sur ce nouvel instrument jugé un peu encombrant, préférant le laisser derrière lors de sa ‘’visite’’ à Little Big Horn…

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Mais comment faire le lien entre un médecin et une arme qu’on pourrait qualifier de destruction massive?  Malgré le titre, Gatling ne pratiquera jamais la médecine.  Son intérêt pour la chose médicale, née d’une attaque du virus de la variole, n’aura duré que le temps requis pour l’obtention de son diplôme.  C’est avant tout un inventeur et entrepreneur dans l’âme qui passera l’essentiel de sa vie à bisouner et accumuler les brevets, surtout à usage industriel, dont celui-ci fera exception.  Il transposera d’ailleurs le principe utilisé sur une autre de ses inventions, une semeuse de blé, pour développer cette arme à barils multiples.

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Sa motivation pour le développement de la mitrailleuse est, paradoxalement, pacifiste. Il se désole de constater la mobilisation massive de combattants et que malgré tout, les infections et les maladies sur les champs de bataille de la guerre de Sécession causent plus de morts que les balles de fusil.

D’ailleurs, s’il était invité à TLMEP, Guy A. le citerait : ‘’Il m’est apparu que si je pouvais inventer une machine – une arme – qui par sa cadence de tir, permettrait à un homme de faire autant de dégâts qu’une centaine, alors elle allait largement supplanter le besoin de grandes armées, et par conséquent, la vulnérabilité aux guerres et aux maladies allait être grandement diminuée.’’

L’idée de sauver ainsi des vies sera reprise de façon grandiose le siècle suivant pour justifier le largage de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

Alors Dany, une p’tite carte pour le bon Dr. Gatling?…