de dissolution impériale

1809. Convoquée par l’Empereur pour 21:00 heures, une grande réunion familiale se tient aux Tuileries. Même si l’ordre du jour n’avait pas été préalablement dévoilé, nul ne sera sous le choc à l’annonce conjointe par Napoléon 1er et Joséphine de leur divorce.

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À l’aube de la quarantaine, Napoléon Bonaparte est bien conscient qu’il n’est, hélas, pas immortel.  Sa Joséphine, de six ans son ainée, n’ayant pu à ce jour lui offrir un héritier pour assurer la relève impériale, ne pourra assurément plus faire de miracle.  Malgré la conception de deux enfants lors de son mariage précédent, un accident aurait possiblement provoqué la stérilité de l’Impératrice. Et puis, il y a sûrement la ménopause…

Or, deux maîtresses lui ayant déjà confirmé qu’il est fertile, il faut à Napoléon une conjointe féconde et légitime qui pourra lui livrer au moins un fils.  Le bien de l’État prime…

Dans son allocution, notons cette belle attention de Napoléon envers son ex en devenir, concluant : ‘’…Elle a été couronnée de ma main; je veux qu’elle conserve les rangs et le titre d’Impératrice couronnée, mais surtout qu’elle ne doute jamais de mes sentiments et qu’elle me tienne toujours pour son meilleur et plus cher ami.’’

À son tour, Joséphine ajoute : ‘’…Mais la dissolution de mon mariage ne changera en rien aux sentiments de mon cœur : l’empereur aura toujours en moi sa meilleure amie.  Je sais combien cet acte commandé par la politique et par de si grands intérêts a froissé son cœur; mais l’un et l’autre nous sommes glorieux du sacrifice que nous faisons au bien de la patrie.’’

Avouez qu’il y a ici un décorum et une émotion pouvant inspirer Pierre-Karl et Julie…

Le lendemain matin, un sénatus-consulte confirmera la dissolution et Joséphine déménagera ses pénates au château de la Malmaison.

pie-vii-jacques-louis_david_018Puisque le divorce est interdit pour les princes et princesses de la famille impériale selon le code civil – celui de Napoléon, faut-il le rappeler – le moyen pour détourner ce petit détail est d’adopter le terme dissolution.  De plus, du côté religieux un divorce aurait entraîné une demande d’annulation auprès du pape.  Pour Napoléon, ce n’est vraiment pas une bonne idée, si on se souvient que sa Sainteté le Pape Pie VII avait officié, bien malgré lui, au couronnement et au mariage de l’Empereur; c’est sûr qu’il aurait Pie C dessus…

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