Méo et moi

Ceci devait être une suite sur le nouveau thème ‘’Nécro Flash’’, une chronique où je salue quelques personnages ayant traversé en ce jour dans une nouvelle dimension, ou comme disait jadis Elizabeth, ma plus jeune, ”ils sont devenus morts”.

En faisant le survol de mes sources habituelles sur internet pour la préparation de cette chronique, je suis tombé sur Bartolomeo Cristofori, un facteur de clavecins à qui est attribuée la paternité du piano moderne, décédé en 1731.

Or, c’est à ce moment que tout a chaviré en moi.  Pas qu’une émotion, des sanglots!  J’ai dû m’éloigner du clavier pour éviter de le mouiller.  Il y a peut-être un tout petit peu de frustration liée à mon incapacité à maitriser l’instrument, mais vraiment plus pour en rire que pour en faire une scène.  En fait, oui j’avoue être déjà monté sur une scène, mais l’expérience a été catastrophique, comme un voyage dans le Twilight Zone…

Il faut dire que malgré les quelques siècles qui nous séparent, Méo et moi avons depuis près de trois décennies une relation spéciale.  Je l’ai rencontré à un moment où ma vie ne pouvait être mieux exprimée que par une toune de Lisa LeBlanc.  C’était à la limite de l’enfer.  D’où le lien émotionnel.  N’ayez crainte, avec des ajustements tant du côté professionnel que relationnel, le tout saupoudré de thérapie, ça s’est grandement amélioré depuis.  Voilà pour la tranche de vie.

En fait, ce n’est pas l’inventeur du piano lui-même qui est venu me chercher dans les tripes, mais plutôt un artiste New Age, David Lanz, qui lui a dédié ce qui, à mes oreilles, est un petit chef d’œuvre, Cristofori’s Dream.  Dès les premières notes, je fonds…

Revenant à Méo et son métier, un facteur de clavecins (ou de pianos) n’est pas un livreur, mais le concepteur et artisan qui les fabrique.  Aux ignares qui s’ignorent, tenez-vous le pour dit!

En direct de la pouponnière 01-26

Souhaitons la bienvenue en ce jour à quelques personnalités:

1891: Wilder Graves Penfield, un brillant neurochirurgien américain qui viendra s’établir à Montréal et fonder l’Institut neurologique…de Montréal. Il aura connu plus d’une personne alitée dans sa carrière.  Le bon docteur Penfield, ou Tombes Plus Sauvages Champ de Stylos (clin d’œil à l’OLF), nous ayant hélas quitté en 1976, les montréalais peuvent quand même le piétiner ou rouler dessus quotidiennement dans l’arrondissement Ville-Marie.

1925. Claude Ryan, directeur du journal Le Devoir, puis politicien, grâce à ‘’la main de Dieu’’.

1928. Roger Vladimir Plémiannikov, mieux connu sous le nom Roger Vadim, un réalisateur et scénariste français qui saura joindre l’utile au (très) agréable en promotant, dixit Régis Lévesque, et s’alitant volontiers avec quelques sexe symboles du XXe siècle, dont Brigitte Bardot, Catherine Deneuve et Jane Fonda. Chanceux!

2009. Dans l’ordre, Noah, Maliyah, Isaiah, Nariyah, Jonah, Makai, Josiah et Jeremiah. Bien oui, il y en a huit, fécondés in vitro et portés par Nadya (Natalie) Suleman. Les 6 garçons et 2 filles survivront et joindront les 6 autres enfants de la mère monoparentale sans emploi.  Les charges sociales provoquées par l’arrivée des octoplets attireront surtout de l’animosité de la part de la communauté.

Maman tentera bien de monnayer sa ‘’célébrité’’, tenant entre autres la vedette dans le film ‘’Octomom Home Alone’’, un navet pornographique* où elle passe l’essentiel de son temps à s’amuser érotiquement, comme le titre l’indique, toute seule.

*non, je ne l’ai pas vu; je cite simplement la critique

Nécro-Flash 01-20

Saluons le Grand départ aujourd’hui de quelques grands noms :

1569. Myles Coverdale, un réformateur ecclésiastique anglais qui aurait fait imprimer en 1535 la première traduction de la Bible en anglais, suivie en 1539 par la Great Bible, une brique commandée par Thomas Cromwell, dont le roi Henri VIII en autorisera la distribution et la lecture à haute voix lors de services religieux dans toutes les bonnes succursales de l’Église d’Angleterre.

1709. François d’Aix de La Chaize, le prêtre jésuite français qui, avant de devenir un célèbre cimetière parisien, aura été le confesseur du Roi Soleil (Louis XIV) pendant plus de 30 ans; il a dû en entendre des vertes et des pas mûres au château de Versailles…

1984. Johnny Weissmuller, nageur olympique, devenu au grand écran Adonis, puis LE Tarzan, puis Jim la Jungle. Son dernier rôle cinématographique aura été dans le classique ‘’Won Ton Ton, le chien qui sauva Hollywood’’, bien sûr un clin d’œil à Rintintin, l’autre pitou célèbre. Selon ses dernières volontés, alors que le cercueil est déposé dans la fosse, un enregistrement de son fameux cri de Tarzan sera entonné à trois reprises.

1994. Sir Alexander Matthew ‘’Matt’’ Busby, un joueur de football écossais devenu célèbre comme entraîneur du mythique club Manchester United entre 1945 et 1969. Pour les fans du ballon (dans sa version en forme de cigare) de ce côté-ci de l’Atlantique, ce monsieur Busby serait logiquement un pur inconnu. Si ça peut aider, peut-être pourrions-nous le comparer à un autre grand, Vince Lombardi et son équipe, les  Packers de Green Bay des années ’60.  Par contre, Lombardi ne pourra hélas se vanter d’avoir été immortalisé sur ‘’Dig it’’, un des morceaux sur l’album Let it Be des Beatles.

   

2017.  L’Amérique; peut-être le début de la fin…

A Tsar is born

1547. ‘’Tonight’s Moscow’s first Tsar is Ivan IV Vassiliévitch’’, entonnerait Michel Lacroix, l’annonceur maison à la cathédrale de la Dormition*, eu-t-il vécu à cette époque, alors que le jeune Ivan, grand-prince de Moscou depuis le décès du paternel Vassili III, vient d’être proclamé ‘’Tsar de toutes les Russies’’.

Encore ado (16 ans), il dégage déjà cet aura d’intransigeance paranoïaque, d’où le sobriquet qui lui collera à la peau toute sa vie durant, le Terrible.  D’ailleurs, même avant son couronnement, il aurait fait exécuter une cinquantaine d’arquebusiers de Novgorod, ces derniers ayant eu la malencontreuse idée de lui soumettre une pétition dénonçant leurs mauvaises conditions.

 

portrait de Viktor Vasnetsov

Même si selon Wikipédia il est reconnu comme ‘’un homme intelligent, très affairé, dynamique prenant à cœur sa responsabilité de souverain’’, on y reconnait  ‘’un homme déséquilibré, au psychisme fragile, sujet à de violentes sautes d’humeur et à de longues dépressions’’.  Il ira même, dans une crise de rage, tuer son fils ainé, Ivan Ivanovitch.  Pourrais-je ici me permettre un petit conseil à Jared Kushner, le gendre du président élu (pas mal susceptible, lui itou), fais gaffe!

Si Ivan le Terrible avait pu avoir un accès à un compte twitter, imaginez les perles…

Malgré tout, on pourra affirmer que sous son règne, HE MADE MOSCOW GREAT AGAIN!

*la Dormition serait à l’orthodoxie ce que l’Assomption est au catholicisme

Mille neuf cent quatre-vingt-quatre

2007. Une révolution s’annonce, alors que Steve Jobs procède, non sans fierté, au lancement du p’tit dernier de son verger, le iphone.

J’ambitionnais pondre une chronique sur ce sujet hier, mais ne pouvant aligner trois phrases cohérentes, je me suis tu.  Tu me suis-tu?

Pourtant, j’avais navigué sur les internets pour me documenter, incluant le visionnement complet de son homélie à la planète.  Son préambule relatait la série d’innovations produites par Apple, en commençant par l’ordinateur de table Macintosh en 1984.

D’ailleurs, comment peut-on oublier ce spot publicitaire historique à saveur orwellienne diffusé lors d’une autre grand-messe, le XVIIIe Super Bowl.  On y voit une foule d’abrutis gavés du lavage de cerveau servi sur grand écran par Big Brother, vantant les ‘’glorieuses Directives de purification de l’information’’ conduisant à la fin des ‘’pensées contradictoires’’.  Sur ce fond glauque et monochrome arrive une jeune femme athlétique (et en couleur) qui pulvérisera l’écran de son marteau.  Suivra le message : ‘’Le 24 janvier, Apple Computer lancera le Macintosh.  Et vous verrez pourquoi 1984 ne sera pas comme 1984’’.

Grâce à internet et les réseaux sociaux, l’information n’aura jamais été aussi accessible, hélas idem pour la désinformation.  Si 1984 n’a finalement pas ressemblé au 1984 de George Orwell, on peut sentir une glissade quand les likes, les ti-minous cutes et les twits supplantent ou tordent l’actualité. Avouons que l’oncle George serait très inquiet aujourd’hui.  Ou fier de voir sa prophétie prendre forme.  C’est selon…