Nécro-Flash 02-24

1825. Notons aujourd’hui le décès de Thomas Bowdler, médecin et philanthrope anglais, dont le nom sera surtout associé à la pudibonderie littéraire, non pas du siècle dernier, mais de celui qui l’aura précédé.

Pourquoi l’insistance sur le siècle précédent…le siècle précédent, me demanderiez-vous?  Excellente question, répondrais-je.  Ayant passé les trois quarts de ma présente incarnation (loin d’être terminée, je l’espère) sur cette Terre au XXe siècle, le réflexe de reléguer cette magnifique époque sur la tablette du passé n’est pas encore totalement inné.  Que voulez-vous, baby boomer un jour…

Donc Thomas Bowdler, soucieux des chastes yeux et oreilles des dames et des enfants, se sera donné comme mission d’expurger les œuvres de Shakespeare, publiant dès 1807 des versions édulcorées des textes du géant de la dramaturgie et littérature anglo-saxonne.  Grâce à sa censure, des exclamations blasphématoires telles ‘Dieu’ et ‘Jésus’ seront remplacées par ‘Ciel’, à moins d’être simplement biffées du texte. Dans Hamlet, il convertira le suicide d’Ophélia en noyade accidentelle, alors que dans la pièce Henri IV, 2e partie, le personnage de la prostituée n’y sera plus.

Pouvez-vous imaginer les effets de la bowdlerisation des textes d’une émission telle Unité 9?  Le résultat mis en parallèle avec le produit original provoquerait sûrement des spasmes répétés d’incontinence chez les téléspectateurs.