de décrets et de couleurs

1492. À l’Alhambra de Grenade, Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon signent l’édit d’expulsion des juifs de la péninsule Ibérique. Suite à la victoire sur les musulmans, le ‘’très catholique’’ couple royal signifiera à la communauté juive à son tour qu’elle n’est pas tout à fait appréciée dans les Espagnes médiévales.
La reproduction du document est plutôt ardue à lire, c’est pourquoi je vous en livre ici un bref extrait : ‘’…nous avons décidé d’ordonner à tous les juifs, hommes et femmes, de quitter nos royaumes et de ne jamais y retourner…à date du 31 juillet 1492 et ne plus rentrer sous peine de mort et de confiscation de leurs biens…’’.

Au moins, l’avis d’éviction leur accordera quatre mois de délais.  Par contre, il ne faudra pas compter sur les Apollinairois (parbleu! c’est à peine à un jet de pierre de la bucolique municipalité de Saint-Gilles, où mon p’tit frère y occupe un lot gazonné) pour accueillir les fautifs pour leur repos éternel.  Vous aurais-je perdu dans le récit?  Pardonnez cette déviation de contexte; c’est la faute de la petite voix dans ma tête…

 

Or, contrairement au sort réservé à un apprenti monarque des Amériques modernes, qui ne cesse d’être bafoué d’un édit exécutif (pourtant bien présenté dans un magnifique cartable d’allure présidentielle, incluant un résumé de son électrocardiogramme) à l’autre, Belle & Fern, eux, n’auront pas été importunés par la résistance issue de leur propre establishment juridique.

Pour la culture, on pourrait comparer l’Alhambra, ou ‘’la rouge’’ à la Maison-Blanche de Washington, deux sièges du pouvoir d’époques différentes.  Donald pourrait-il considérer faire repeindre son palais aux couleurs de celui d’Andalousie?  À bien y penser, ça ne serait pas génial, car sa chevelure risquerait de se perdre dans le décor.

  

Yabba-dabba Deuil, Bill Hanna

2001. C’est à l’âge de 90 ans que nous quitte aujourd’hui William Denby ‘’Bill’’ Hanna, cofondateur du géant de l’animation Hanna-Barbera Productions.

Avec Joseph Barbera, un collègue illustrateur chez MGM, il créera Tom et Jerry, un dessin animé qui fera fureur dans les années 40 et 50, remportant plusieurs Oscars dans la catégorie court métrage d’animation.

Malgré la popularité de Tom et Jerry, la profitabilité de la division de l’animation de MGM bat de l’aile; pas de problème, on ferme le studio, jetant du jour au lendemain tous ses artisans au chômage.

Ce sera le coup de pied providentiel pour les deux artistes de sortir de l’ombre et fonder leur propre boîte, d’où émergeront plusieurs grands classiques de l’animation à la télé, tels Roquet belles oreilles (LE RBO original), Yogi l’ours, Les Pierrafeu et bien d’autres.

     

Que de beaux souvenirs!

À bien y penser, le tandem Fred Caillou et Arthur Laroche aurait pu se lancer en politique…

   

Jan the Sole Man

1883. Le brevet #274,207 est octroyé aujourd’hui à Jan E. Matzeliger pour sa machine à assembler le dessus d’un soulier à sa semelle, révolutionnant ainsi l’industrie de la chaussure en Nouvelle-Angleterre. D’une cadence de fabrication en mode artisanal de 50 paires de chaussures par quart de 10 heures de travail pour un assembleur expérimenté, cette invention permettra de la faire passer à 700 paires. Par conséquent, les prix chuteront et l’accessibilité deviendra universelle pour les pieds d’Amérique.  Il n’y aura pas que des heureux dans cette histoire, car la conception de cette machine, un tour de force considéré impensable à l’époque, viendra éliminer la chasse gardée d’un groupe d’artisans spécialisés qui jusqu’à ce moment, pouvaient se permettre d’imposer leurs conditions à l’employeur.

Le pauvre Jan ne pourra jouir longtemps de son succès, succombant à la tuberculose six ans plus tard, à peine quelques semaines avant son 37e anniversaire.  Because les considérations raciales, la reconnaissance viendra sur le tard pour le mulâtre originaire de la Guyane néerlandaise, aujourd’hui le Surinam.  Si l’on connaît bien ici l’expression des bottines qui suivent les babines, on pourra affirmer que dans le cas Jan E. Matzeliger, ce sont plutôt les babines qui auront tardé à suivre les bottines

Nécro-Flash 03-16: Carnot

1888. À l’âge de 86 ans s’éteint l’homme politique et historien français Lazare Hippolyte Carnot. Pourquoi lui, me demanderiez-vous? Voilà, ce nom évoque chez le chroniqueur le souvenir de beaux séjours dans un hôtel sur l’avenue Carnot, aux limites du 17e arrondissement, à un jet de pierre de l’Arc de Triomphe.

 

Or, je dois vite me rendre à l’évidence qu’il y a méprise sur la personne, car la toponymie parisienne fait plutôt référence au général Lazare Nicolas Marguerite Carnot, dit ‘’Le grand Carnot’’, cosignataire du vote de l’exécution de Louis XVI pendant la Révolution, puis acteur d’envergure dans les guerres napoléoniennes.  On me pardonnera sûrement cette petite erreur, malgré l’important décalage dans l’ampleur de la contribution historique des deux personnages, puisque le premier est le fils de l’autre.  Que voulez-vous, c’est Hippolyte qui est décédé aujourd’hui, pas Lazare.

    

Tiens, se pourrait-il qu’un accessoire vestimentaire du grand Carnot ait inspiré le p’tit Nadeau-Dubois et ses amis printaniers?