L’affaire Jumonville

1754. Lors d’une brève escarmouche dans un boisé1 de la vallée de l’Ohio (aujourd’hui dans l’État de la Pennsylvanie), le campement du détachement formé d’une trentaine d’hommes du capitaine Joseph Coulon de Villiers, sieur de Jumonville, est attaqué et vite maîtrisé. Tôt le matin, ayant marché toute la nuit, les hommes du jeune colonel George Washington prendront la garnison française, n’ayant pas encore eu le temps de prendre son Nescafé, les culottes baissées2.

Le bilan final se traduit par la victoire anglaise, avec 10 Français, incluant leur capitaine, tués et 21 autres capturés.  Fin de l’histoire?  Hélas, ce n’est plutôt que le début.

Selon une version, le sieur de Jumonville, pendant qu’il lisait une lettre de sommation à son vis-à-vis – allez comprendre pourquoi perdre son temps, et sa vie, à lire un texte pendant que l’ennemi vous tire déjà dessus – aurait  été parmi les premières victimes abattues durant la bataille.

Une autre version mentionne qu’il aurait plutôt été fait prisonnier et que pendant l’interrogatoire dirigé par Washington, il aurait été frappé à mort par Tanaghrisson, un Iroquois aussi connu sous le nom de Half King3, d’un objet qu’on qualifierait aujourd’hui de contondant.

À ce jour, l’issue reste ouverte à débat, quoique la deuxième version ajoute un certain charme au récit.

Par contre, il semble y a avoir consensus sur le fait que cet incident serait un élément déclencheur à la guerre de Sept Ans entre la France et l’Angleterre (et leurs alliés respectifs, bien sûr), principalement sur le vieux continent.  Localement, les Américains lui préfèreront l’appellation ‘’French and Indian War’’.

Je vous reviendrai peut-être avec une suite à cette histoire…

1 L’expression ‘’dans un boisé’’ peut donner une petite saveur bucolique pour le citadin du XXIe siècle, mais à cette époque-là, je ne peux voir ce qu’il pouvait y avoir d’autre que des boisés entre deux rivières sur ce continent. 2 En prenant comme autre exemple la bataille des plaines d’Abraham, force est d’admettre qu’il ne fallait pas trop en demander aux Français de la colonie avant le petit déjeuner. 3 Demi-Roi, titre attribué à des dirigeants amérindiens.  Mais eut-il démontré autant de talent à la guitare qu’au tomahawk, Tanaghrisson aurait-il pu savourer le titre du King, plutôt que de seulement la moitié?

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