La Mozart muselée

1751. En direct de Salzbourg, félicitons enfin la cigogne pour la livraison, après trois tentatives infructueuses, de la petite Maria Anna Walburga Ignatia aux fiers parents Anna Maria et Leopold Mozart.

Les conditions sanitaires et d’hygiène de l’époque peuvent expliquer qu’en plus des trois premiers, deux autres enfants après elle mourront peu de temps après leur naissance, soit avant l’arrivée du p’tit dernier, qui deviendra célèbre.

Maria Anna, affectueusement surnommée Nannerl, démontre très tôt un talent exceptionnel pour la musique et le paternel, violoniste, compositeur et enseignant, l’initie au clavecin dès l’âge de sept ans. Ça ne sera pas long avant que le p’tit frère, du haut de ses 3 ans dise ‘’moi aussi, moi aussi!’’

Leopold fait la tournée des grandes villes d’Europe avec les deux enfants, tous deux prodiges. Malheureusement, l’aînée sera éventuellement affligée d’un grand mal, celui où une fille atteint l’âge 18 ans, soit l’âge de se marier.  Le bon Léo mettra donc abruptement fin à la carrière de sa fille, à qui il défend de se produire en public, se consacrant dorénavant exclusivement à ‘’promoter’’ (comme aurait dit Régis Lévesque) le jeune Wolfgang.

Nannerl se pliera aux exigences de son père, incluant celle de prendre un mari imposé.  Reléguée dans l’ombre de son célèbre frère, avec qui elle avait pourtant vécu une belle complicité jusqu’alors, on ne peut que spéculer sur la suite, eût-elle pu continuer de briller dans son art.

Pour prix de consolation, elle vivra deux fois plus longtemps que son frère.

Leave a Reply

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.