Ermächtigungsgeset

1933. Pour accepter le poste de chancelier du Reich, ’’offert’’ par le président Paul von Hindenburg le 30 janvier précédent, Adolf Hitler avait exigé de nouvelles élections législatives dans les plus brefs délais, question de gonfler la représentation nazie au Reichstag, le parlement allemand.

 Malgré une campagne ‘’démocratique’’ fortement teintée d’intimidation et de propagande, l’ensemble des partis d’extrême droite et de droite n’auraient atteint que la majorité simple lors des élections du 5 mars.  Pour un aspirant à la dictature, ce n’était pas suffisant pour lui donner les coudées franches.

Voilà donc, c’est la loi d’habilitation ou loi des pleins pouvoirs (le titre coiffant cette chronique) qu’Adolf Hitler réussit aujourd’hui à faire adopter, lui assurant les pleins pouvoirs pour régner par décrets, donc réduisant le Reichstag en un club de faire-valoir. Ce qui fera dire à Joseph Goebbels, son ministre de l’Éducation du peuple et de la Propagande quelques jours plus tard, ‘’maintenant nous sommes les maîtres’’. Techniquement une loi d’exception à portée limitée, le Führer se l’appropriera en permanence et s’en servira à toutes les sauces jusqu’à la toute fin de son règne, absolu.

Dans des moments de crise, comme celle que nous connaissons présentement à l’échelle planétaire avec la COVID-19, il est normal de voir des gouvernements adopter des lois d’exception, ou des mesures d’urgence. Nous ne devrions pas avoir à craindre des aspirations de nos dirigeants, sauf bien sûr pour ce qui est du (très) sympathique président au sud de notre frontière…

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