Quand Yersinia pestis visite Marseille

1720. En ce 25 mai, le Grand Saint-Antoine, un bâtiment de 37 mètres de long, se présente en rade au mouillage de quarantaine près de Marseille.  

Chargé de près de 900 ballots de tissus du Moyen-Orient de très grande valeur, on tente le tout pour le tout pour décharger rapidement, surtout pour ne pas manquer l’ouverture de la foire des tissus de Beaucaire, en juillet.  Ceci inclut le maquillage des journaux de bord (et sûrement quelques pots-de-vin) pour s’assurer l’obtention d’une patente de santé nette (certification sanitaire), cachant ainsi la cause réelle des décès d’une dizaine de membres d’équipage durant le voyage. Une partie de la cargaison, abritant des puces de rat infectées du bacille de la peste, sera même déchargée avant la fin de la période de quarantaine.

Il en résultera une épidémie qui fauchera environ 40 000 Marseillais, soit la moitié de la population de la ville portuaire, sans compter les ravages en Provence et dans le Languedoc.

Enfin ‘réveillées’, les autorités décideront de brûler et couler le bateau avec le reste de sa cargaison (et les rats qui n’avaient pu débarquer) en juillet, mais l’ordre ne sera exécuté que le 25 septembre suivant.

Une chance que les autorités du XXIe siècle démontrent plus de vélocité devant une pandémie…

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