La Noche Triste

1520. À Mexico-Tenochtitlan, l’esprit n’est définitivement pas à la fête en cette nuit du 30 juin pour le conquistador Fernando Cortés de Monroy Pizarro Altamirano (ou pour faire simple, Hernán Cortés). À peine revenu d’une expédition à Veracruz, où il a défait une expédition envoyée par le gouverneur de Cuba pour le mettre en état d’arrestation, notre ami Fernand et ses hommes doivent prestement lever les feutres face à la révolte des Aztèques.

Ayant laissé les rênes pendant son absence à son bras gauche Pedro de Alvarado, ce dernier, peut-être un brin parano, avait procédé au massacre de plusieurs membres de l’aristocratie locale soupçonnés de complot. Mauvaise idée.

Or il est bon de préciser ici que Mexico-Tenochtitlan, la capitale de l’empire aztèque est construite sur une île du lac Texcoco (aujourd’hui presque totalement asséché). Faute de ponts, détruits par les Aztèques, les fuyards espagnols doivent se servir d’embarcations inadéquates pour soutenir en plus le poids de leurs armes, mais surtout l’or pillé de la cité depuis leur arrivée. Plusieurs périront noyés ou tués par leurs poursuivants.

La rive atteinte, dans un moment d’émotion lors d’une pause au pied d’un cyprès, Cortés aurait selon la légende pleuré la fin tragique de plusieurs compagnons, d’où la Triste Nuit.

Mais n’ayez crainte, il s’en remettra rapidement, reviendra en force un an plus tard, assiègera Tenochtitlan et remportera de façon définitive, signifiant la fin de l’empire aztèque.

Il n’a évidemment été question jusqu’ici que de tristesse espagnole. Pourtant, du côté mexicain faut-il souligner la mort durant cette révolte du roi, puis otage Moctezuma II, de Mexico-Tenochtitlan.

Pendant ce temps à Saint-Malo, fraîchement marié à Catherine, fille de Jacques des Granges, Jacques Cartier n’a peut-être pas encore réalisé qu’il irait découvrir, quatorze ans plus tard, le Canada. Hélas, il ne naviguera pas à l’envers de l’hiver…

Je suis un beignet

1963. Non, ce n’est pas une citation de Homer Simpson, mais bien de John Fitzgerald Kennedy lors d’un discours devant une imposante foule de Berlinois aux abords du Mur de Berlin en ce 25 juin.

En fait, le titre de cette chronique n’est qu’une amusante interprétation entre un gentilé (Berlinois) et un mets populaire (beignet fourré) identifié à sa localité d’origine. Par exemple, une Niçoise pourrait à la fois être une gente dame habitant la populaire commune de Nice, sur la Côte d’Azur, ou une salade; les deux pourraient être délicieuses, mais ici n’est pas le but de la chronique.

Alors que la guerre froide bat son plein, le président américain vient renforcer le support des États-Unis en cette enclave de Berlin Ouest, menacée d’étranglement par le blocus imposé par le régime soviétique.

Il y déclare: « Il y a 2 000 ans, la plus grande marque d’orgueil était de dire civis romanus sum (« je suis citoyen romain »). Aujourd’hui, dans le monde libre, la plus grande marque d’orgueil est de dire Ich bin ein Berliner. […] Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont des citoyens de Berlin. Par conséquent, en tant qu’homme libre, je suis fier de prononcer ces mots : Ich bin ein Berliner! » (« je suis un Berlinois »)

Aujourd’hui, dans un contexte facilement qualifiable d’annus* horribilis, pourrions-nous fièrement déclarer: civis americanus sum?…

*à ne pas confondre avec la version au ‘’n’’ unique, n’en déplaise à mon correcteur Antidote.

La faute à Béliveau?

1956. La Presse* souligne que la LNH adopte en ce 4 juin un nouveau règlement qui entrera en vigueur dès la prochaine saison (56-57), permettant la fin immédiate d’une punition mineure lorsque le club adverse compte un but.  

De toute évidence, les 5 autres clubs avaient toujours à travers la gorge le tour du chapeau en 44 secondes de Jean Béliveau, le 5 novembre précédent, pendant que les pauvres Bruins avaient deux des leurs en pénitence.

Et si on osait en ce XXIe siècle quelques bouffées d’air frais aux règlements? Comme maintenir la règle du dégagement illégal même quand une équipe est à court d’un homme. Mieux, revoir l’attribution de points pour victoires et matchs nuls, comme au soccer.

Je sais, je ne suis qu’un amateur…

*100 ans d’actualités La Presse  

Mille milles à pied, ça use…

1809. Déjà notoire pour ses attributs athlétiques et ses prouesses piétonnes, le capitaine Barclay (Robert Barclay Allardice) entreprend ce 1er juin à Newmarket (G-B) une marche où il compte franchir 1000 milles, en 1000 heures consécutives, pour une gageure initiale de 1000 guinées (1 guinée = 1£ approx.).

Selon ma compréhension, dans un circuit en boucle d’une distance de 1 mille (1,61 kilomètre), il fera 1000 répétitions, jour et nuit, avec temps de pause à chaque cycle. Outre l’endurance physique, on peut imaginer la ’’dureté du mental’’ requise pour se taper mille fois le même satané parcours, aussi bucolique soit-il (en fait, l’était-il?) pour cumuler 1 610 kilomètres.

À une cadence moyenne variant entre 15 et 21 minutes/mille, il atteindra son objectif 41,67 jours plus tard (12 juillet) devant une foule enthousiaste, à temps pour savourer son exploit quelque 45 minutes avant l’heure limite, et empocher en gains l’équivalent de 5£ millions (ou 8,5$ millions) en devises d’aujourd’hui.

Ce qui me touche particulièrement dans cette histoire est que dans les 6 semaines écoulées entre le 1er juin et le 12 juillet, la masse du capitaine écossais serait passée de 84,5 kg (186 lbs) à 70 kg (154 lbs).

Au revoir, parti marcher!…