Gorrie, l’homme de glace

1850. En cette journée caniculaire floridienne, le consul de la France reçoit à Apalachicola le gratin local pour une réception soulignant l’anniversaire de la prise de la Bastille.

Or un des invités, le docteur John Gorrie réserve une surprise pour le groupe. ‘’Comme la France a donné en ce 14 juillet (1789) aux citoyens ce qu’ils voulaient, annonce-t-il fièrement, le consul peut aujourd’hui offrir à ses invités ce qu’ils veulent, soit du vin frais!’’ À son signal, des serveurs se présentent avec des bouteilles de vin pétillant sur des plateaux glacés.

Mais où diantre aurait-il pu dénicher de la glace, alors que les stocks venant du nord étaient tous fondus depuis longtemps? Il aurait élaboré un système mécanique de compression pour réfrigérer l’eau au point de congélation.

Confiant de voir ses recherches aboutir, il avait même abandonné la pratique médicale quelques années plus tôt pour se concentrer sur cette invention rafraichissante, telle qu’illustrée ici.

Malgré l’obtention de brevets en Angleterre et aux États-Unis, son appareil manque de fiabilité. Puis son associé meurt, alors que les bailleurs de fonds requis pour le développement gardent leurs distances. La mauvaise presse, nourrie par les entreprises de transport de glace moquant son concept n’aidera pas sa cause non plus.

Yvon Deschamps déclarera qu’il vaut mieux être riche et en santé.  Hélas, ce morceau de sagesse arrivera une centaine d’années trop tard pour le malheureux John Gorrie, mourant pauvre et malade en 1855.

Pourtant, une fin moins pénible aurait été souhaitable pour ce médecin qui aura étudié les maladies tropicales et contribué aux balbutiements de la climatisation en milieu de santé.

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