Cosby vs liberté de presse

1735. C’est la conclusion ces jours-ci de la poursuite en diffamation intentée par William S. Cosby, gouverneur de la Colonie de New York, contre John Peter Zenger, l’éditeur du New York Weekly Journal, une publication hebdomadaire, vous l’aurez deviné, critique envers le gouverneur.

Contre toute attente (et surtout contre les recommandations du juge en chef), la brillante défense présentée par Andrew Hamilton, un avocat de Philadelphie venu en relève d’avocats disqualifiés par la Cour, parviendra à convaincre le jury de prononcer, après à peine 10 minutes de délibérations, un verdict de non-culpabilité envers l’accusé Zenger, en tôle depuis une trentaine de semaines, soit depuis le début des procédures légales.

Il est bon de noter que la common law britannique de l’époque n’acceptait pas la vérité comme argument de défense face à une accusation de libelle séditieux, considérant qu’une information véridique pouvait s’avérer plus dangereuse que le mensonge, parce que plus croyable (…).

Ce procès marquera la victoire de la vérité, mais surtout de la liberté de la presse et de l’éventuelle inclusion du premier amendement de la Constitution des États-Unis.

La source de la poursuite résidait dans des articles très peu flatteurs publiés dans le New York Weekly Journal envers le gouverneur Cosby, l’accusant de mauvaise gestion, de fraude, de corruption, de cupidité, etc. Parmi les auteurs des textes, souvent anonymes, on y retrouve l’ancien juge en chef Lewis Morris, démis de son poste par Cosby et remplacé par un fidèle de ce dernier, James DeLancey, lequel, ironiquement, présidera le procès.

Près de trois siècles plus tard, que penser des états d’âme de l’actuel locataire de la Maison-Blanche face à cette presse ‘’diffamatoire et mensongère’’ s’acharnant sur lui?