Lumbricus Maximus

C’est pause d’éphémérides aujourd’hui en cette chronique.

Lors de ma marche ce matin, écourtée pour cause de pluie insistante, j’ai dû garder les yeux rivés au sol, le pavé étant devenu un parcours à obstacles non seulement de flaques d’eau, mais de petits amis longilignes brunâtres.

Quoique plusieurs puissent y voir une prolifération de vers dégueux, c’est l’orgiaque festival du buffet à volonté pour les merles, mouffettes et autres sympathiques bestioles qui pour briser la routine, n’ont pas besoin de faire leur épicerie dans nos sacs à ordures.

J’ai appris que le lombric (lumbricus terrestris) adore la terre humide et riche en matière organique. Mais il faut ici insister sur une humidité raisonnable, car quand son habitat se sature d’eau comme lors de grandes pluies, ne pouvant appeler Qualinet, elle doit vite évacuer ses appartements pour ne pas se noyer (ou plutôt asphyxier).

Or voulant échapper à une mort certaine, le pauvre bougre se précipite vers (la poignez-vous?) d’autres fins pas moins terribles.  Ça peut être sous forme expéditive, comme être bouffée vive (tel que démontré plus haut) ou être écrapouti sur le pavé par des pieds (pas les miens) ou des pneus. Il y a également une fin en différé, quand elle est cueillie pour éventuellement se faire embrocher sur un hameçon. Ironiquement, s’il aura pu éviter ces dangers, il reste toujours une longue agonie en s’asséchant bêtement à mort le beau temps revenu. Pour ma part, j’en ai aperçu un ce matin qui a choisi que les options de mort décrites plus haut ne lui plaisaient pas; ça allait être la noyade dans le puisard.

P.S. Masculin et féminin se partagent délibérément l’espace dans le texte, le lombric étant hermaphrodite

P.P.S. Il appert que le lombric serait comestible. Beurk, non merci!

Horacio au XVIIe siècle

1639. Souhaitons un joyeux 382e anniversaire à William Mompesson, qui aurait vu le jour en ce 28 avril. On notera sa contribution à l’Histoire par son rôle déterminant pour contenir la propagation de la peste bubonique dans son village et communautés avoisinantes.

Au printemps de 1666, le village d’Eyam dans le comté du Derbyshire, jusqu’alors à l’abri de la grande peste de Londres qui fait rage depuis un an, commence à être la proie d’une inquiétante éclosion de cas.

À titre de curé du village, Mompesson prend les choses en main et parvient à convaincre les villageois à adopter des habitudes hygiéniques sévères, mais surtout à accepter le concept du confinement total, malgré les risques d’y trépasser.

Au final, 260 des quelque 350 âmes, incluant Catherine, sa propre épouse, y périront. Malgré tout il aura réussi non seulement à ‘’taper pour aplatir la courbe d’éclosions’’, pour citer un populaire directeur de santé publique québécois, mais à y mettre un terme.

En plus, avec pas de masques ni vaccins…

Santé!