Lumbricus Maximus

C’est pause d’éphémérides aujourd’hui en cette chronique.

Lors de ma marche ce matin, écourtée pour cause de pluie insistante, j’ai dû garder les yeux rivés au sol, le pavé étant devenu un parcours à obstacles non seulement de flaques d’eau, mais de petits amis longilignes brunâtres.

Quoique plusieurs puissent y voir une prolifération de vers dégueux, c’est l’orgiaque festival du buffet à volonté pour les merles, mouffettes et autres sympathiques bestioles qui pour briser la routine, n’ont pas besoin de faire leur épicerie dans nos sacs à ordures.

J’ai appris que le lombric (lumbricus terrestris) adore la terre humide et riche en matière organique. Mais il faut ici insister sur une humidité raisonnable, car quand son habitat se sature d’eau comme lors de grandes pluies, ne pouvant appeler Qualinet, elle doit vite évacuer ses appartements pour ne pas se noyer (ou plutôt asphyxier).

Or voulant échapper à une mort certaine, le pauvre bougre se précipite vers (la poignez-vous?) d’autres fins pas moins terribles.  Ça peut être sous forme expéditive, comme être bouffée vive (tel que démontré plus haut) ou être écrapouti sur le pavé par des pieds (pas les miens) ou des pneus. Il y a également une fin en différé, quand elle est cueillie pour éventuellement se faire embrocher sur un hameçon. Ironiquement, s’il aura pu éviter ces dangers, il reste toujours une longue agonie en s’asséchant bêtement à mort le beau temps revenu. Pour ma part, j’en ai aperçu un ce matin qui a choisi que les options de mort décrites plus haut ne lui plaisaient pas; ça allait être la noyade dans le puisard.

P.S. Masculin et féminin se partagent délibérément l’espace dans le texte, le lombric étant hermaphrodite

P.P.S. Il appert que le lombric serait comestible. Beurk, non merci!