Grillade japonaise, ou la nuit de la neige noire

1945. Dans la nuit du 9 au 10 mars, une armada de 339 appareils B-29 Superfortress, déployée sous le nom de code ‘’Opération Meetinghouse’’, largue pas moins de 1,667 tonnes de bombes incendiaires sur la zone résidentielle densément peuplée de la ville de Tokyo.

De par l’étendue des dégâts et des victimes (+/- 100K morts et 1M sans abris), ce raid sur Tokyo sera considéré comme étant le plus meurtrier de la Deuxième Guerre mondiale, n’en déplaise aux villes de Nagasaki et Hiroshima, toutes deux ‘’récipiendaires’’ de bombes atomiques quelques mois plus tard.  On conviendra que le carnage occasionné par une bombe atomique solitaire et son nuage en forme de champignon frappe davantage l’imaginaire qu’un vulgaire largage d’environ 120 000 bombes en une nuit, pour un résultat à peu près équivalent.

Il faut souligner ici le leadership du général Curtis LeMay, l’architecte des trois évènements ci-dessus, qui aurait déclaré avoir ‘’brûlé, bouilli et cuit à mort’’* des milliers de Japonais.  De ce sympathique personnage on peut également citer des perles telles que ‘’si nous en tuons suffisamment, ils cesseront de se battre’’,  ‘’j’imagine que si nous avions perdu, nous aurions tous été poursuivis pour crimes de guerre’’, puis celle-ci destinée aux Nord-Vietnamiens, ‘’…nous allons les bombarder jusqu’à l’âge de pierre’’.

Dommage que l’impitoyable général soit passé dans une autre dimension, car le président Donald, celui au plus gros bouton nucléaire (et riche en tous superlatifs confondus) l’aurait A-D-O-R-É à ses côtés!…

*Libération