Hanged, drawn and quartered*

1535. Qu’arrive-t-il lorsqu’on refuse de signer l’acte de suprématie? Nombreux seront ceux qui, comme Jean Houghton, prieur de la chartreuse de Londres, ainsi que ses collègues Robert Laurence et Augustin Webster, prieurs aux chartreuses voisines de Beauvale et d’Axholme respectivement, l’apprendront aujourd’hui à la dure.

Brève mise en contexte, le bon roi Henri VIII, soucieux de sa royale succession qui n’allait nulle part avec sa première femme, Catherine d’Aragon (seule une fille, Marie, survivra en sept tentatives), avait entrepris de longues procédures d’annulation de mariage. En réaction au refus catégorique du pape Clément II au divorce et sa menace d’excommunication, Henri III avait profité de cette rebuffade en établissant l’Église anglicane et pondant l’acte de suprématie, officialisant la rupture avec l’Église catholique romaine. C’est ainsi que tous les notables, incluant le clergé, étaient tenus de jurer allégeance au chef suprême de l’Église d’Angleterre, en l’occurrence, Lui.  

En bon prêtres catholiques fidèles au pape, nos trois amis prieurs font donc les frais d’un châtiment digne du degré de trahison dont ils sont jugés coupables.

En préliminaire, on commence par les traîner à cheval, attachés sur une claie (treillis de bois), jusqu’au lieu d’exécution. Vient ensuite la pendaison, mais pas trop, car il ne faut pas causer la mort, le meilleur restant à venir. On passe au plat principal, qui consiste à éventrer, éviscérer et émasculer les condamnés, le tout pas trop vite, espérant qu’ils puissent souffrir assez longtemps. Enfin, le cœur sera retiré et la tête coupée.

Dommage pour Donald 1er, né 4 siècles trop tard, il aurait sûrement aimé être dans la peau d’Henri…

*supplice à la sauce british pour punir le crime de haute trahison, soit être pendu, traîné et dépecé