Sédition Nika

538 AD. C’est l’émeute aujourd’hui à l’hippodrome qui jouxte le palais impérial de Constantinople (aujourd’hui Istanbul), qui déborde dans la ville, mise à feu et à sac.

Dans le cadre de courses annuelles, disputées par 4 équipes identifiées de couleurs distinctes, les Bleus, les Verts, les Rouges et les Blancs (un peu comme notre LNI), représentant des dèmes ou circonscriptions rivales de la région, il n’est pas exceptionnel de voir des débordements violents et de la casse parmi les fans, ancêtres des hooligans du foot moderne, affichant les couleurs de leurs attelages préférés.

Les réseaux sociaux virtuels n’étant pas encore développés, il est aussi habituel pour le bon peuple de profiter de ce genre d’évènement pour entre autres verbaliser ses doléances aux oreilles de l’empereur romain d’Orient, ci-nommé Caesar Flavius Petrus Justinianus Sabbatius Augustus, ou Justinien, lui-même adepte assidu des jeux, installé dans sa loge privée.

Pour faire bref, ça brassait déjà depuis quelques jours, surtout entre les Verts, contestant l’empereur et son administration, puis dans le coin gauche les Bleus, dont la sympathie pour l’empereur lui est réciproque. Il y aurait eu quelques arrestations et condamnations de part et d’autre, mettant le feu aux poudres.

Donc au terme de la 22e course, la foule en colère se met à scander NIKA, NIKA!…, ou ‘’victoire’’ ou ‘’remportons la victoire’’ en grec (sûrement l’équivalent de ‘’MAGA’’ en américain) et se déchaîne…

Au final, après cinq jours de siège et être passé à un cheveu d’être évincé de son trône, Justinien reprendra finalement le contrôle. Au bilan, quelques 30 000 victimes et la ville transformée en zone sinistrée, incluant la destruction de la basilique chrétienne de Sainte-Sophie, que Justinien fera reconstruire.

Ha! C’qu’on est bien quand on est dans son bain

668. JeannieLe bain peut être un endroit dangereux pour des têtes d’affiche, comme peut en témoigner un récent incident vécu par notre tennisseuse nationale. Heureusement, elle devrait s’en remettre sans trop de séquelles.

 

Par contre, ce sera une toute autre histoire pour l’empereur byzantin Constant II, alors que son moment de détente intime tourne au drame, un savonnier atterrissant mortellement sur sa tête impériale.

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L’Empire byzantin (ou romain de l’est) est en perte de vitesse, menacé par les incursions musulmanes.  Ayant quitté la capitale fortifiée de Constantinople, Constant II s’installe à Syracuse, en Sicile, pour se rapprocher des frontières de l’ouest, le temps de regarnir sa trésorerie.  Il s’est d’abord arrêté à Rome pour y sortir en moins de 2 semaines tout ce qu’il pouvait y avoir de valeur, incluant le bronze garnissant les monuments, même le toit du Panthéon.  N’ayant pas eu la visite d’un empereur depuis près de 2 siècles, les romains souhaiteront ne plus subir ce genre de privilège pour très longtemps.  Eussent-ils eu une caisse d’assurance emploi…non, ça aurait été trop cruel…

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Les Siciliens n’apprécieront guère la hargne des percepteurs d’impôts, alors que selon certains historiens, on n’hésitera pas à forcer les hommes à l’esclavage et les femmes à la prostitution pour satisfaire l’appétit insatiable du fisc.  Espérant que ces lignes ne viennent inspirer nos amis de Revenu Québec.

Donc Constant II aura ramassé assez de fonds en quelques années pour se payer la plus meilleure armée pour pouvoir reconquérir les territoires (en vert) envahis par les Arabes.  Hélas, la main d’un serviteur frustré, de tout évidence sicilien, en décidera autrement.  Bain oui…