Saint-Jean-Vianney et Sainte-Flanelle

1971. En cette fin de soirée printanière disparaît une partie d’un pittoresque village du Saguenay-Lac-Saint-Jean.  À 22h50, un bruit étrange dans une  banlieue de Jonquière, la municipalité de Saint-Jean-Vianney, surprend les gens qui ne sont pas encore couchés, alors que la terre se met à bouger. Dans les instants qui suivent, le sol commencera à ‘’couler’’ dans un immense cratère de 1,5 km de long, par 400 mètres de large et 30 mètres de profondeur.

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En peu de temps seront emportées et englouties dans la flotte boueuse, 35 maisons, soit la moitié d’un quartier.  On comptera également 31 pertes de vies.  À cette heure tardive, le bilan des victimes aurait pu être plus élevé.  Des employés de l’Alcan en route vers leur quart de nuit ont pu juste à temps sauter hors de l’autobus qui s’enfonçait dans la route se transformant en cratère.  Il faut surtout ici souligner la contribution, quoiqu’involontaire, de nos Canadiens de Montréal qui, malgré une défaite de 2-1 en deuxième prolongation contre les Black Hawks de Chicago tard en soirée, auront permis aux fans restés éveillés de quitter leurs chaumières avant qu’elles ne soient englouties dans la boue.

Suite à ce terrible évènement (pas la défaite du Canadien), ce sera la relocalisation de tous les Viannois et Viannoises (non, je ne suis pas et ne serai jamais politicien) et le déménagement de près de 200 résidences, surtout vers la ville d’Arvida, sur d’anciens terrains appartenant à Alcan.

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Revenant à la Sainte Flanelle, il serait bon ici de noter qu’après cette première défaite serrée aux mains des Hawks, en suivra une deuxième au score de 5-3; ça ne ressemble pas un peu au scénario 2015 contre Tampa Bay?  L’édition 1970-71 du Canadien emportera finalement la coupe Stanley contre Chicago en 7 matches, marquant entre autres la fin de l’illustre carrière de Jean Béliveau.  Il faut donc garder la foi!  Surtout ne pas s’endormir durant le match…

Victoria, Stanley & CNRHL

1875. Grande première mondiale, alors que le Victoria Skating Rink de Montréal accueille le premier match de hockey intérieur. C’est également le premier match préalablement annoncé dans un journal, la Gazette, ainsi que résumé dans l’édition du lendemain.

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Pour ce match inaugural, on verra d’autres premières, dont l’instauration de règles (incluant la limite de 60 minutes) et la participation d’un arbitre, la quantité de joueurs (9 pour chaque équipe), l’introduction de gardiens de buts et l’utilisation d’un palet de bois, l’ancêtre de la rondelle.   Les équipes  sont formées de membres du club de patinage de Victoria et d’étudiants de l’université McGill.  Pour l’occasion, l’équipement, des patins et bâtons empruntés du shinny, sera importé de Nouvelle Écosse par James Creighton, l’instigateur de l’évènement.

Jusqu’à ce moment, le projectile le plus souvent utilisé étant la balle de crosse, il faut une alternative avec moins de potentiel meurtrier, la surface de jeu étant réduite (à peu près les dimensions d’une patinoire moderne), la présence de fenêtres, mais surtout celle de spectateurs en bordure de l’aire de jeu, alors que la bande est encore inexistante.  Le palet, ou rondelle de bois, qui ne fera que glisser sur la glace est adopté.  Il va sans dire que les mises en échec et les passes par la pas-de-bande ne sont pas permises.

L’édifice de deux étages, construit au 49 (depuis changé au numéro civique 1187) rue Drummond, sur un budget de 12 000$, avait ouvert ses portes le 24 décembre 1862, un beau jour, quoi!  Parmi les faits marquants, on notera que c’est le premier building à être électrifié au Canada.  En février 1889, le Gouverneur Général du Canada, Lord Frederick Arthur Stanley, 1er baron Stanley de Preston, 16e comte de Derby, y verra son premier match de hockey.  L’honorable monsieur sera tellement emballé qu’il offrira une coupe en son nom, dont le premier récipiendaire  en 1893 sera le Montreal Hockey Club.

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C’est dans ce building également que pour la première fois, le score sera retransmis ‘’LIVE’’ grâce à un lien télégraphique, justement durant une finale de la coupe du monsieur ci-haut mentionné entre Montréal et Winnipeg en 1896.

L’entretien inadéquat au début du siècle contribuera au déclin du building, qui sera finalement vendu en 1925 à la Stanley Realty Corporation, qui le démolira pour y ériger un garage pour stationnement.  Le tout dernier match, une demi-finale, sera disputé le  3 mars 1925 (Joyeux 50e!) entre les employés du garage et les ceux des bureaux du Canadian National Railway Hockey League, devant une assistance de 1 200 personnes.