le Crime artistique du siècle

1974. Les ayant ‘’découvertes’’ en feuilletant un magazine dans un cabinet de dentiste 6 ans plus tôt, le funambule français Philippe Petit réalise enfin son rêve et enjambe ce matin le fil qui relie le sommet des tours jumelles du World Trade Center.

Il ne se contente pas de traverser la distance dans le vide, à plus de 400 mètres du sol, mais bien de faire 4 allers-retours. Étirant son plaisir, il s’immobilisera tantôt pour se coucher sur le fil, tantôt pour s’y agenouiller et saluer la foule, près d’un demi-kilomètre sous lui, alors que les policiers, l’attendant sur les toits, lui ordonnent de cesser, menaçant même de l’attraper au moyen d’un hélicoptère.

Pour réussir l’exploit, qualifié de ‘’crime artistique du siècle’’, Petit aura, avec quelques complices, préparé la cascade dans ses moindres détails, incluant plusieurs visites de repérage, dignes d’un roman d’espionnage.

Quelques semaines plus tard, un autre crime artistique est commis, cette fois-ci de l’autre côté de l’Atlantique, par le groupe rock Supertramp, avec la sortie de l’album Crime of the Century. Désolé, il n’y a aucun lien avec la cascade new-yorkaise.

Par contre, on pourrait se demander si les paroles de la chanson-titre ne seraient pas prémonitoires, non pas en référence à l’autre crime dont les tours jumelles feront tragiquement les frais à l’aube du siècle suivant, mais plutôt de l’implosion possible et redoutée de la démocratie américaine.  Espérant se trumper…