Le jour du drapeau

1777. En ce 14 juin, à peine un an après la signature de la Déclaration d’indépendance, une résolution du Second Congrès continental adopte le concept de drapeau d’un de ses signataires, Francis Hopkinson. Le drapeau aura treize bandes, alternativement rouges et blanches, avec un canton comportant treize étoiles sur champ bleu représentant chacune les treize États-Unis d’Amérique.

À titre de fonctionnaire, Hopkinson verra sa tentative de monnayer son idée rejetée. Il aura d’ailleurs de la compétition de la part de Betsy Ross avec son design d’étoiles disposées en cercle.

   

Ressemblant assez à s’y méprendre au drapeau de la Compagnie anglaise des Indes orientales, son prédécesseur, le Grand Union Flag (ou Congress Flag, ou Continental Colors) n’aura fait que passer, pour des raisons évidentes, bien sûr.

Avec l’ajout graduel d’États, le drapeau d’aujourd’hui à 50 étoiles représente la 27e version du ‘’Stars & Stripes’’.  Il existe une cuvée avec une 51e étoile qui demeure pour l’instant sur une tablette, le territoire de Porto Rico n’ayant pas encore réussi à se mériter le rang d’État.

Mais qui sait, la feuille d’érable pourrait potentiellement devenir cette étoile.  Une annexion est toujours envisageable, surtout si les méchants et manipulateurs canadiens ne cessent de narguer impunément et hypocritement le plusse grand président à avoir occupé la Maison-Blanche. Puis ça serait moins cher qu’ériger un mur…

1916. Le président Woodrow Wilson proclame ce jour Flag Day.  L’affiche ci-contre sortira l’année suivante, pour commémorer le 140e anniversaire.

1946. Naissance à New York du futur POTUS-45, fier défenseur du drapeau, celui qui rendra à l’Amérique toute sa grandeur (…)

2026. Proclamation du Trump Day par l’Empereur Donald 1er, lors de célébrations fastueuses pour son 80e anniversaire de naissance.

Grillade japonaise, ou la nuit de la neige noire

1945. Dans la nuit du 9 au 10 mars, une armada de 339 appareils B-29 Superfortress, déployée sous le nom de code ‘’Opération Meetinghouse’’, largue pas moins de 1,667 tonnes de bombes incendiaires sur la zone résidentielle densément peuplée de la ville de Tokyo.

De par l’étendue des dégâts et des victimes (+/- 100K morts et 1M sans abris), ce raid sur Tokyo sera considéré comme étant le plus meurtrier de la Deuxième Guerre mondiale, n’en déplaise aux villes de Nagasaki et Hiroshima, toutes deux ‘’récipiendaires’’ de bombes atomiques quelques mois plus tard.  On conviendra que le carnage occasionné par une bombe atomique solitaire et son nuage en forme de champignon frappe davantage l’imaginaire qu’un vulgaire largage d’environ 120 000 bombes en une nuit, pour un résultat à peu près équivalent.

Il faut souligner ici le leadership du général Curtis LeMay, l’architecte des trois évènements ci-dessus, qui aurait déclaré avoir ‘’brûlé, bouilli et cuit à mort’’* des milliers de Japonais.  De ce sympathique personnage on peut également citer des perles telles que ‘’si nous en tuons suffisamment, ils cesseront de se battre’’,  ‘’j’imagine que si nous avions perdu, nous aurions tous été poursuivis pour crimes de guerre’’, puis celle-ci destinée aux Nord-Vietnamiens, ‘’…nous allons les bombarder jusqu’à l’âge de pierre’’.

Dommage que l’impitoyable général soit passé dans une autre dimension, car le président Donald, celui au plus gros bouton nucléaire (et riche en tous superlatifs confondus) l’aurait A-D-O-R-É à ses côtés!…

*Libération

Freddy & Donald

1984. Sortie fulgurante dans les cinémas d’Amérique du film d’horreur A Nightmare on Elm Street, dans lequel le terrifiant Freddy attaque ses victimes dans leurs rêves, et la réalité.

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2016. Dénouement terrifiant de l’élection présidentielle américaine, où se joue A Nightmare on Times Square, dans lequel le charismatique Donald triomphe, malgré l’establishment de son propre parti.

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Ainsi s’amorce une nouvelle vague de vêtements griffés…


Présidence en péril

1912. À sa sortie de l’hôtel, alors qu’il s’apprête à monter dans une voiture en direction du Milwaukee Auditorium, où il est attendu pour livrer un discours électoral, le candidat à la présidence Theodore Roosevelt est tiré à bout portant.

Schrank
Schrank

 

L’agresseur est John Flammang Schrank, un débile jusque-là considéré léger, avec une fixation sur la bible.  Ayant hérité au décès de son oncle d’une taverne et de propriétés immobilières à New York, n’ayant pas la fibre trumpienne, il aura liquidé les immeubles, préférant s’en tenir au bar.  On le verra arpenter les rues de New York, étalant ses talents d’orateur dans parcs et autres établissements de réhydratation de son patelin.

Au moment de son arrestation, il avouera aux policiers que son geste, dicté dans un rêve par le fantôme d’un ancien président (William McKinley) ne visait pas le ‘’citoyen Roosevelt’’ lui-même, mais bien l’aspirant d’un troisième mandat à la présidence, quel qu’il fut.

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Roosevelt
Roosevelt

Heureusement pour la victime, le projectile du revolver de calibre .38 aura traversé l’étui à lunettes métallique et les 50 pages d’un discours dans la poche de son manteau avant de se loger dans sa poitrine, effleurant un poumon.  Ne toussant pas de sang, Roosevelt juge sa blessure relativement superficielle et insiste à maintenir l’agenda de la soirée avant d’être conduit à l’hôpital pour traitements.

Ignorant la douleur et la difficulté à respirer, il commencera son discours en relatant la tentative d’assassinat, exhibant le manuscrit troué qui lui a sauvé la vie et demandant à la foule de rester silencieuse pour mieux l’entendre.  Tel un Jean-François Lisée en pleine santé, son exposé durera 90 minutes.

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Plus tôt, lors des primaires pour l’investiture du candidat du Parti Républicain, Roosevelt avait senti le manque d’appuis et avait donc décidé de quitter le GOP, fondant le Parti Progressiste.  L’association à des bibittes étant prisée en politique américaine, la mascotte adoptée par le nouveau groupement, constitué principalement d’anciens républicains loyaux à Roosevelt, est l’orignal.  À la présidentielle, le Progressive Bull Moose Party sapera assez d’appuis aux Républicains pour permettre au démocrate Woodrow Wilson d’accéder au bureau ovale,  l’emportant haut la main.

Aujourd’hui, après avoir anéanti la compétition et bafoué l’establishment du GOP, le candidat Donald Trump constitue, à sa façon, la nouvelle menace à la présidence.  Elvis Gratton doit en être bouche bée…

4+2=1

1990. Si les hostilités de la Seconde Guerre mondiale ont pris fin en 1945, ce n’est qu’aujourd’hui, 45 ans plus tard, que l’on peut affirmer avoir enfin fermé les livres sur ce conflit. Réunis à Moscou, les représentants de la République fédérale d’Allemagne (RFA), de la République démocratique allemande (RDA), ainsi que ceux des quatre puissances occupantes, soit la Grande-Bretagne, la France, les USA et l’URSS signent à Moscou le ”Traité portant règlement définitif concernant l’Allemagne”, ou le Traité quatre plus deux.

Le mur de Berlin venait de tomber l’année précédente, mais l’Allemagne demeurait techniquement divisée entre l’Est et l’Ouest.   Ce pacte relève enfin les quatre occupants de leurs droits et responsabilités relatifs à Berlin et à l’Allemagne, alors que cette dernière recouvre sa pleine souveraineté.  Un vrai pays, quoi.  Il y a certaines conditions, bien sûr, telle la renonciation définitive à des revendications territoriales, ainsi que des restrictions d’ordre militaire.  Cela n’empêchera pas l’Allemagne de rapidement devenir le leader économique de la zone euro.

Hélas, impossible de rêver à une équation mathématique équivalente du côté coréen, une réunification à court ou moyen terme demeurant très improbable.  À moins que Kim Jong-un et Donald Trump-one ne deviennent des Best…

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Agent Orange

1961. Dans le cadre de la guerre du Viêt Nam, c’est à un petit village vietnamien à proximité de Dak Tô, près des frontières avec le Cambodge et le Laos qu’est réservé un premier test d’épandage de produits défoliants à des fins militaires. Le but est de détruire le couvert végétal et les récoltes de riz assurant l’alimentation des méchants Viet Cong.

Originalement frileuse face à l’idée, la hiérarchie américaine se convainc assez rapidement que la destruction de récoltes par épandage chimique ne contreviendrait pas au Protocole de Genève.  D’ailleurs, on pouvait s’appuyer sur le précédent créé dix ans plus tôt par les Britanniques, qui durant l’insurrection communiste malaise, avaient généreusement arrosé le paysage d’un mélange d’herbicides 2,4,5-T et 2,4-D, mieux connu sous le nom d’Agent Orange.

Bien qu’il y aura eu une variété de défoliants utilisés durant ce conflit, groupés sous le vocable des herbicides arc-en-ciel, l’Agent Orange aura été le plus populaire, comme en fait foi sa consommation estimée dans la période 1961-67 à plus de 75 000 000 litres, sur une surface de 24 000 km2.

En plus de la végétation, l’impact sur la santé humaine sera désolant.  On comptera de nombreuses victimes rendues malades, même décédées, suite à l’exposition au poison, variant entre des dizaines et des centaines de milliers selon les sources.  Évidemment, les chiffres sont contestés, tant par les autorités militaires que les fabricants, principalement Dow Chemicals et Monsanto.  On peut encore voir aujourd’hui les effets néfastes de ces produits…

teletubbiesTrumpdumb

 

MAGA

1796. La ville de Cleveland doit sûrement se remettre péniblement des trois jours de la très distrayante convention du GOP, qui a culminé hier soir avec le discours triomphal du coloré candidat républicain à la présidence, le père de la MAGA*. Espérons qu’il lui reste encore assez d’énergie (à la ville, on s’entend) pour célébrer aujourd’hui les 220 ans de son baptême.

Cleaveland
Cleaveland


Le bucolique patelin sur les bords du lac Érié, à l’embouchure de la rivière Cuyahoga, doit son nom à Moses Cleaveland, qui dirigea une équipe de prospection de la région pour le compte de la Connecticut Land Company, dont il était également un actionnaire.

 

Une possible raison pour la subtile variation de Cleaveland à Cleveland ne serait au départ que pour des raisons typographiques.  Lors de la parution du premier journal local en 1830, l’éditeur aurait manqué d’espace sur sa une pour y insérer le nom complet, le Cleaveland Adviser.  Qu’à cela ne tienne,  l’ablation de la lettre a n’ayant pas d’impact phonétique sur le nom, le journal  adopta la version abrégée Cleveland Adviser sans plus de cérémonie.  Cette nouvelle mouture aura plu à tous, donc adoptée universellement.

Si l’éditeur du Cleveland Adviser opérait ses mêmes talents chirurgicaux à l’orthographe aujourd’hui, pourrions-nous parler du candidat Rump?…

*MAGA : Make America Great Again

casquette
casquette

Pie à pie

1870. C’est un grand jour à Rome, alors qu’au concile Vatican I les cardinaux reconnaissent comme vraies et irrévocables les interprétations du dogme prononcées par le souverain pontife. Ça tombe bien pour le pape Pie IX, le pontife du moment et instigateur de l’évènement.

Calmons-nous, ce concept d’infaillibilité se limitera quand même aux déclarations solennelles devant les fidèles, pas à tout ce qui sortira de la bouche du Saint-Père.  Il aura donc la sagesse, par exemple, de ne pas prédire la météo de façon solennelle.

le pape Pie IX
le pape Pie IX


2016. C’est un grand jour à Cleveland, alors qu’à la convention du GOP, les délégués républicains reconnaîtront comme vraies et irrévocables les interprétations du dogme prononcées par le président. Ça tombe bien pour Donald Trump, le candidat dont l’investiture n’est plus qu’une formalité.

Réjouissons-nous, car tout ce qui sort de la bouche du Donald est solennel!  Vox populi, vox Donald.

la pie Donald Trump
la pie Donald Trump

Indigeste Évian

1938. Aujourd’hui, à Évian-les-Bains, dans un hôtel au bord du lac Léman s’amorce la conférence internationale d’Évian, réunissant 32 pays. À l’ordre du jour, le sort des Juifs en Allemagne.  C’est le fruit d’une initiative du président américain Franklin D. Roosevelt, inquiet à propos de l’antisémitisme nazi.  Bien entendu, l’Allemagne n’est pas invitée.  Quelques pays d’envergure, telles la Russie et l’Italie, pour des raisons évidentes passeront leur tour.

Hôtel Royal
Hôtel Royal

On aura beau condamner le traitement réservé aux Juifs allemands, l’enthousiasme délirant  (…) des participants à ce huis clos se traduira en festival PDMC (Pas Dans Ma Cour).  ‘’Dans les circonstances présentes, l’Australie ne peut en faire plus… Nous n’avons pas de problème racial notable et nous ne voulons pas en importer un’’.  Cet aveu du délégué australien reflètera le sentiment général, incluant celui des États-Unis, dont le leadership ne sera que symbolique, ”oubliant” d’améliorer ses propres quotas d’accueil pour les réfugiés juifs.

Rafael Leónidas Trujillo Molina
Rafael Leónidas Trujillo Molina

Il y a bien la République Dominicaine qui offre d’en prendre entre 50 000 et 100 000, question de ‘’blanchir’’ son paysage, en échange de considérations monétaires.  Or le traitement infligé quelques mois plus tôt aux Haïtiens par le dictateur Trujillo, un massacre de plusieurs milliers, ressemble étrangement à l’attitude hitlérienne vis-à-vis ses indésirables.  La suggestion du timbré ne sera pas prise au sérieux.

Bref, une perte de temps de 10 jours, au terme desquels se sera créé le CIR, le Comité intergouvernemental pour les réfugiés.  Avec un peu de cynisme, ça aurait pu également se lire le Comité intergouvernemental pour les refouler. D’ailleurs, le Führer ne manquera pas de pavoiser, affirmant : ‘’C’était honteux de voir les démocraties dégouliner de pitié pour le peuple juif et rester de marbre quand il s’agit vraiment d’aider les Juifs!’’

Au moins, l’eau de source était bonne…

Avec la crise présente des réfugiés syriens, l’Amérique (surtout Donald) a au moins le mérite d’être pas mal plus transparente quant à ses intentions d’accueil.  God Bless…!

Donald John Trump
Donald John Trump

Alfalfa & Donald

1932. Dans son édition d’aujourd’hui, le TIME met en vedette William Henry Davis Murray, lancé dans la course à l’investiture démocrate pour la présidence des États-Unis d’Amérique.

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Apôtre de la suprématie blanche et ségrégationniste, le coloré et bouillant gouverneur de l’Oklahoma, affectueusement surnommé Alfalfa Bill, aura fait sa marque en politique en cette époque de la Grande Dépression, dénonçant le corporatisme et les profiteurs, n’hésitant pas durant son mandat à proclamer la loi martiale à une trentaine de reprises, lançant la Garde Nationale de l’état pour des causes diverses.  Ainsi, il forcera la réouverture d’un pont inter-état, bloquée par son homologue texan qui insistait à ce qu’il soit à péage; il forcera également la fermeture de centaines de puits de pétrole pour faire remonter le prix du brut, ou encore surveiller la vente de billets pour les matchs de football de l’Université de l’Oklahoma (…).  Inspirant pour nos élus locaux, non?  Hélas, ses aspirations à la présidence ne feront pas le poids face à un rival de la trempe de Franklin D. Roosevelt.

2016. rs_634x845-150820072538-634.Donald-Trump-Time-Magazine-JR-82015Une édition plus récente du prestigieux magazine affichait sur sa couverture une autre ‘bibitte’ convoitant l’investiture, cette fois-ci du parti républicain, au grand dam de l’establishment du GOP. S’il triomphe, le très volubile magnat de l’immobilier promet de bâtir une muraille à la frontière mexicaine et de foutre les illégaux en général et les islamistes en particulier à la porte. Rien de moins.  D’ailleurs, s’il lui reste assez de ciment, il ne serait pas totalement exclu d’envisager d’emmurer également son voisin au nord, ce dernier considéré un peu trop accueillant, à son goût, pour les réfugiés.   Ceci constituerait un beau pied de nez à la mémoire d’un président qui, devant la Porte de Brandebourg il y a près de 30 ans, aura réclamé la destruction du mur de Berlin.

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Demain, c’est Super Mardi.  Il ne restera donc plus que 40 jours avant l’inauguration de la saison de golf du CH, mais surtout, 298 jours avant Noël