Cambronne

1842. J’allais ce matin souligner le passage à trépas de Pierre Cambronne, brillant et fidèle officier sous Napoléon, un personnage plus universellement notoire pour sa langue que pour son sabre.

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Il n’aurait pu souffrir être cité à TLMEP au même titre qu’un Champlain avec la bouche de ses canons, d’un Pierre E. Trudeau et son fuddle duddle bien senti à la confrérie parlementaire, ou même d’un Max Pacioretti, qualifiant récemment les performances de son équipe.  Cambronne aurait même juré avoir été mal cité, n’en déplaise à Hugo, qui l’aura immortalisé dans Les Misérables, ou à Bugingo, un témoin et compagnon d’armes à la bataille de Waterloo.

Je l’aurais donc préféré dans ce petit billet nécrologique à des poids lourds de l’histoire tels Marco Polo et Galilée, pour me rendre compte que ma source, le site OnThisDay.com l’a fait mourir trois semaines plus tôt que tout le monde.  Hélas, il était trop tard, mon idée étant faite. Il ne restait qu’à amputer la mort de Cambronne d’une consonne.

Merde!

De Saints et de doigté

1622. Canonisation de François Xavier, Thérèse d’Avila et Ignace de Loyola.

Xavier  Térèse d'Avila  Ignace

Non, la canonisation n’est pas de la récupération de vedettes par une entreprise multinationale spécialisée en instruments optiques.  Ce n’est pas plus une version extrême d’exécution, n’en déplaise au créatif tordu voulant éliminer son prochain.  C’est la promotion ultime au rang de sainteté, la coche sous le statut de déité, de gens qui auront démontré, selon les autorités  religieuses, une élévation spirituelle en accomplissant de grandes choses pour le bien de l’espèce, surtout lorsqu’au service du dogme, de préférence dans des contextes ou conditions difficiles.  Quoique non essentielle, la souffrance physique est une forme populaire de ladite condition difficile, comme en fait foi la longue liste de martyrs parmi la confrérie.  Malheureusement pour les aspirants à la sainteté, ce titre n’est toujours accessible qu’à titre posthume.

Jeanlala

Par contre, devenir saint(e) a constitué au fil des âges une excellente opportunité de joindre le pool de candidats de choix, avec les chiffres, pour les comités de toponymie.   Puissions-nous un jour voir la ville de Saguenay être rebaptisée Saint-Jean-Tremblay-de-Làlà?…

1737. Galilée déménage! Hélas, il ne pourra participer lui-même à l’exercice puisqu’il est décédé le 8 janvier 1642, soit presqu’un siècle plus tôt.  Ce ne sont donc que ses restes qui prennent le chemin de la Basilica di Santa Croce, à Florence, où il partagera la vedette à Michel-Ange.  En fait, nul besoin des services d’un déménageur d’envergure puisque le déménagement se limite en un déplacement de quelques mètres, soit d’une pièce obscure de la sacristie à la basilique elle-même.

Santa Croce

Pourquoi le transfert, me demanderez-vous?   Au moment de son décès, Ferdinand II de Médicis, grand-duc de Toscane et grand fan du disparu, voulait lui ériger un mausolée dans l’enceinte même de l’église, mais le pape Urbain VIII ayant condamné Galilée d’hérésie, pas question qu’il  soit installé dans un lieu saint.  D’où la longue attente.

De plus, Galilée ne sera pas bougé avec tous ses morceaux, trois doigts, une dent et une côte disparaissant durant l’opération, vraisemblablement ‘’empruntés’’ par le prêtre antiquaire Antonio Francesco Gori.  Un de ces doigts, le majeur de la main droite, est aujourd’hui exposé au musée Galilée, à Florence.

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Le majeur fièrement placé ainsi dans un verre, on peut conclure qu’entre les inquisiteurs et Galilée, ce dernier aura eu le dernier mot.  Tiens, toi!

Galileo Galilei, pape Urbain VIII, Jupiter

À Charlie.

1610. À l’aide d’une lunette astronomique de sa conception, le florentin Galileo Galilei remarque trois minuscules étoiles à proximité de Jupiter, alignées sur son axe. Les nuits suivantes, il constate leur déplacement relativement à la position de Jupiter, puis l’une d’elles sera disparue dans la nuit du 10, probablement cachée derrière la planète, croit-il.  Ce seraient donc  des satellites gravitant autour de Jupiter.  Sa théorie semble se vérifier au retour de la troisième masse, puis est définitivement confirmée la nuit du 13, alors qu’il en aperçoit une quatrième.  Ce seront les lunes galiléennes Io, Europe, Callisto et Ganymède.

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En cette époque, la doctrine établie est toujours basée sur le géocentrisme qui, selon Ptolémée, place la Terre au centre de l’univers, avec tout le reste tournant autour.  Or Galilée viendra secouer cette doctrine en défendant la théorie de l’héliocentrisme, où la Terre perd son rôle central au profit du Soleil, avancée cent ans plus tôt par Copernic, mais pas encore prise au sérieux.

Mathématicien, géomètre, physicien et astronome de génie, Galilée est par contre assez médiocre comme bricoleur, alors que bon nombre des télescopes qu’il produit et distribue seront à toutes fins utiles, inutilisables, ce qui rend la démonstration de ses découvertes presqu’impossible.  Le concept d’amélioration continue ne viendra que plus tard.  Et n’eut été sa propension à traiter de façon sarcastique les convictions de l’Église catholique dans ses écrits, se mettant à dos les jésuites et (surtout) le cardinal Maffeo Barberini (le futur pape Urbain VIII), des alliés de la première heure, peut-être aurait-il pu s’éviter le tribunal de l’inquisition et son assignation à domicile pour le reste de ses jours, après avoir été forcé de renier ses théories.

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Pour un accusé d’hérésie au XVIIe siècle, avouez que ce sort était quand même mieux que de se retrouver comme pièce de résistance dans un méchoui…

351 jours!