Tiradentes

1792. Si les aspirations séparatistes de Joaquim José da Silva Xavier sont enfin exaucées, le dénouement n’est certainement pas ce qu’il avait envisagé. En effet, suite à sa pendaison, il est écartelé, puis exposé en pièces détachées à Ouro Preto. Pour la souveraineté du Brésil, il faudra repasser.

Quelques années plus tôt, frustré par la gestion coloniale et les pressions fiscales grandissantes de la couronne portugaise sur le Brésil, il organise avec des notables locaux, dont des membres du clergé, des poètes et des militaires, un mouvement de révolte indépendantiste, la conjuration Mineira, ou Inconfidência Mineira.  À peine le mouvement est-il initié, qu’une trahison causera l’arrestation et l’emprisonnement de tout le groupe.

 

Joaquim José da Silva Xavier, qu’on surnomme affectueusement Tiradentes, un clin d’œil à ses talents de dentiste à une époque où la dentisterie n’inclura pas encore des actes tels obturations, traitements de canal et détartrage (on devine donc où sera son expertise), acceptera l’entière responsabilité de la conspiration, épargnant ainsi ses compagnons de la peine capitale.

On fête aujourd’hui la mémoire de ce rebelle martyr qui rêvait d’imiter, pour le pays de la samba, l’affranchissement des colonies anglaises d’Amérique.

   

Qu’ont en commun Tiradentes et Élisabeth II?  En plus d’avoir tous deux leurs visages sur de la monnaie, ce 21 avril marque le départ du premier, coïncidant avec l’arrivée de la IIe.  Elle souffle d’ailleurs ses 91 chandelles.  Happy Birthday, Liz!

Tiens, 21:91, n’y aurait-il pas là une mystérieuse symbolique à la Luc Dionne?…