La Noche Triste

1520. À Mexico-Tenochtitlan, l’esprit n’est définitivement pas à la fête en cette nuit du 30 juin pour le conquistador Fernando Cortés de Monroy Pizarro Altamirano (ou pour faire simple, Hernán Cortés). À peine revenu d’une expédition à Veracruz, où il a défait une expédition envoyée par le gouverneur de Cuba pour le mettre en état d’arrestation, notre ami Fernand et ses hommes doivent prestement lever les feutres face à la révolte des Aztèques.

Ayant laissé les rênes pendant son absence à son bras gauche Pedro de Alvarado, ce dernier, peut-être un brin parano, avait procédé au massacre de plusieurs membres de l’aristocratie locale soupçonnés de complot. Mauvaise idée.

Or il est bon de préciser ici que Mexico-Tenochtitlan, la capitale de l’empire aztèque est construite sur une île du lac Texcoco (aujourd’hui presque totalement asséché). Faute de ponts, détruits par les Aztèques, les fuyards espagnols doivent se servir d’embarcations inadéquates pour soutenir en plus le poids de leurs armes, mais surtout l’or pillé de la cité depuis leur arrivée. Plusieurs périront noyés ou tués par leurs poursuivants.

La rive atteinte, dans un moment d’émotion lors d’une pause au pied d’un cyprès, Cortés aurait selon la légende pleuré la fin tragique de plusieurs compagnons, d’où la Triste Nuit.

Mais n’ayez crainte, il s’en remettra rapidement, reviendra en force un an plus tard, assiègera Tenochtitlan et remportera de façon définitive, signifiant la fin de l’empire aztèque.

Il n’a évidemment été question jusqu’ici que de tristesse espagnole. Pourtant, du côté mexicain faut-il souligner la mort durant cette révolte du roi, puis otage Moctezuma II, de Mexico-Tenochtitlan.

Pendant ce temps à Saint-Malo, fraîchement marié à Catherine, fille de Jacques des Granges, Jacques Cartier n’a peut-être pas encore réalisé qu’il irait découvrir, quatorze ans plus tard, le Canada. Hélas, il ne naviguera pas à l’envers de l’hiver…

Engelbert

1854. Souhaitons un joyeux anniversaire à Engelbert Humperdinck! Pas la réincarnation cute adulée par les baby-boomers, majoritairement féminins, mais das original.

170px-Engelbert_humperdinck_1854Malgré son talent évident au piano et à la composition musicale, la première commise dès l’âge de sept ans, ses parents le voient architecte.  Qu’à cela ne tienne, le jeune prodige fera à sa tête et ira plutôt au conservatoire.   Disciple de Wagner, il connaîtra une fructueuse carrière  comme compositeur et professeur.  Son plus gros hit sera l’opéra Hänsel und Gretel.  Parmi ses autres succès…  Tiens, je sens avoir perdu l’attention de plusieurs dès la seconde phrase de ce petit exposé.

D’accord, parlons-en donc d’Engelbert, ce Michel Louvain du ROTW (Rest of the World).

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Je me permets ici de péter la bulle de plusieurs en rappelant que son vrai nom est Arnold George Dorsey. T’as beau avoir une voix et un look à faire fondre du beurre, mais pour un jeune saxophoniste aspirant à percer comme chanteur, le nom ‘’Arnold’’ hypothèque grandement tes chances de sortir du frigo.

Sa carrière n’allant nulle part, il se rebaptise Gerry Dorsey, avec des résultats mitigés.  Gordon Mills, l’impresario qui aura convaincu un autre de ses poulains*, un certain Thomas John Woodward, à simplifier son nom à Tom Jones, fera cette fois des culbutes pour transformer Arnold (ou Gerry) en quelque chose à l’orthographe infernale mais ô combien exotique et sexy.  Le résultat sera phénoménal!

Tiens, si j’adoptais le nom de plume Victor Hugo?…

1557. R.I.P. Jacques Cartier

*pas Michel

Nous sommes Charlie

1534. ‘’Longue vie au roi de France!’’, de déclarer Jacques Cartier en plantant sa croix à Gaspé.

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Le grand explorateur, mandaté par Son Altesse Royale, François 1er, pour prendre en son nom possession de cette vaste contrée, est encouragé par l’accueil sur cette berge, même s’il le sent un peu tiède, des sauvages témoins du cérémonial.  Ceux-ci scanderont en chœur ‘’Bazumba, Bazumba!…’’ après chacune de ses phrases.  Plus tard, durant la visite protocolaire des lieux, le chef Donnacona fera preuve de délicatesse en s’assurant que son invité évite de mettre le pied dans de la bazumba…  On peut d’ailleurs voir notre héros, songeur, sur le chemin du retour, faisant enfin le lien entre bazumba et pommes de route.  Il s’en remettra.

Malgré le riche potentiel de la Nouvelle-France,  les souverains Français auront, l’un après l’autre, fait preuve d’un manque d’enthousiasme navrant pour cette colonie, perdant celle-ci aux mains de sa rivale britannique.  Il aura fallu attendre 4 siècles pour voir enfin un chef d’État français débarquer et dans un souci de redonner, mettre un peu, beaucoup, le feu aux poudres.

1967.’Vive le Québec, vive le Québec… libre!’’, de s’exclamer Charles de Gaulle, président de la République française, du haut du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal, provocant le délire dans la foule massée, alors que ses hôtes, le maire Jean Drapeau et le premier ministre Daniel Johnson sont momentanément frappés d’une arythmie.

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Il ne devait que saluer la foule, mais un micro, branché, avait malencontreusement été oublié là.  Sacré Charles!…

Ignace

1521. C’est le siège de la ville de Pampelune par une coalition franco-béarno-navarraise, commanditée par le roi François 1er, le même qui permettra en 1524, Giovanni da Verrazzano, puis en 1534, Jacques Cartier de venir se métamorphoser en ponts sur le nouveau continent.

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Les assiégés, espagnols, croulant sous le nombre, songent à se rendre, mais un officier gentilhomme d’origine basque, ambitieux, les exhorte à tenir bon.  Malheureusement pour lui, un boulet de canon ennemi vient en ce jour le faucher au bas du corps.  Alors que les hostilités font toujours rage, il est ramené chez lui, où les médecins confirment des blessures sérieuses aux deux jambes, la droite étant fracturée et nécessitant des opérations.  Il faut garder en tête que la médecine de l’époque n’a pas le raffinement de celle d’aujourd’hui, ce qui inclut l’absence de produits  anesthésiants modernes.

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Ce sera donc une longue et souffrante convalescence de 10 mois pour Iñigo Perez de Loyola, ou Ignace de Loyola, preux chevalier forcé à la retraite de l’armée espagnole.  Il aura amplement de temps pour la lecture, mais n’aura que des textes religieux à sa disposition.  Ces lectures, doublées de songes dans lesquels il voit apparaître la Vierge et le Saint Enfant Jésus (peut-être alors est-il pris de douleurs délirantes ou serait-ce l’effet de produits analgésiques aux propriétés hallucinogènes, mais on lui donnera le bénéfice du doute), le convertiront en conquistador de la chrétienté en Terre Sainte.

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En route pour Jérusalem, il s’arrêtera au monastère bénédictin de Montserrat, où il troquera ses habits militaires et armes, laissés devant la Vierge noire, pour une simple soutane de toile.  Mal rétabli, il remettra son pèlerinage à plus tard, passant plutôt plusieurs mois dans une grotte près de Manrèse, préférant peut-être déambuler aux abords d’un talus, la jambe droite (plus courte) en amont.  Ne prenez pas ce dernier commentaire au pied de la lettre; me croyant drôle, j’avoue ici faire de l’esprit de bottine.

Quoique son histoire soit fascinante, je vous épargnerai les détails, voulant m’en tenir à l’évènement du jour, ainsi qu’à mon quota journalier de mots, malgré le silence d’hier.  D’ailleurs, j’imagine avoir déjà perdu l’intérêt de quelques fidèles.  Pour condenser, disons qu’il sera un des cofondateurs et élu, en 1541, le premier supérieur général de la Compagnie de Jésus (Jésuites).

Et Pampelune alors?  Les espagnols auront profité de son absence inopportune pour finalement aller de l’avant avec le plan original de reddition.  Que voulez-vous?…

2014-10-02

1535. Grande visite à Hochelaga, alors que Jacques Cartier, ayant jeté l’ancre sur le lac Angoulême (Saint-Pierre) débarque de l’Émérillon pour la reconnaissance des lieux.

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Il y a là un village fortifié iroquois, au pied d’une montagne qu’il baptise mont Royal.  La visite sera brève; après une petite fête avec les indiens, où il leur aura peut-être affirmé les avoir compris, il repartira le lendemain vers Stadaconé (Québec), où il y passera un hiver assez éprouvant, ‘’découvrant’’ le scorbut.  Je reviendrai sûrement là-dessus un jour…

1835. Une escarmouche entre l’armée mexicaine et les colons texans de la ville de Gonzales marque le début de la révolution texane. Quelques années plus tôt, les autorités mexicaines, ne pouvant se permettre d`y installer des troupes, avaient fourni un petit canon aux habitants de Gonzales, comme mesure de protection contre les tribus amérindiennes, surtout les Comanches, qui avaient la fâcheuse habitude de venir attaquer.  Or le gouvernement mexicain glisse vers l’instabilité politique, alors que s’affrontent le fédéralisme et le centralisme; il se doit donc de gérer la révolte qui germe dans les états.  Parmi les mesures entreprises pour éviter les débordements, on décide d’aller retirer le canon à Gonzales.  Les colons refusent de remettre le canon.

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Bref, le tout culmine en un incident mineur, où les forces mexicaines, ayant eu la consigne d’éviter le combat si possible, repartiront bredouille, laissant deux morts, alors que du côté de la milice texane, on y répertorie un nez cassé.  Quoiqu’à toutes fins utiles inutilisable, la symbolique de la défense ‘’héroïque’’ du canon servira dès lors d’inspiration.

1928. Josemaria Escriva fonde l’Opus Dei (Œuvre de Dieu). L’organisme séculier compterait aujourd’hui environ 90 000 membres à travers le monde, la majorité de ceux-ci laïques.

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Le roman «Le code De Vinci» de Dan Brown propulsera l’Opus Dei, jusqu’alors discret, sous les feux de la rampe.

Bonne fête aujourd’hui à Mahatma Gandhi, Sting et Mario Fiorilli!

P.S. : veuillez excuser l’erreur terrible sur le décompte d’hier.  Ça devait être 84, pas 89.  J’en suis très gêné, croyez-moi!

2014-07-24

Début du siège de Damas, le 24 juillet 1148, qui ne durera que quelques jours et s’avèrera un échec pour les croisés.  C’est la deuxième cuvée des Croisades,  genre de pèlerinage armé au Moyen Âge où on se tape des musulmans, parfois des païens – et pourquoi pas d’autres chrétiens si les deux premiers ne sont pas disponibles – à l’instigation du pape du moment, ou pour attirer ses bonnes grâces, ou à tout le moins, expier ses fautes.  La motivation initiale aura été de reprendre le Saint-Sépulcre du contrôle arabe, un concept qui aura tendance à déraper.  Il y aura plusieurs Croisades au fil des ans, englobant la période 1095-1291, donc plus que les séries Rambo, Rocky et Die Hard réunies.

Jacques Cartier met le pied à terre à Gaspé, ce 24 juillet 1534, y plante une croix haute de 30 pieds avec l’inscription ‘’Longue vie au roi de France’’, prenant possession du territoire au nom du même roi, en l’occurrence, François 1ier.  Il appert que l’enthousiasme au sein de la confrérie Iroquoise venue l’accueillir est en deçà du seuil que l’on qualifierait de délirant.  Peut-être l’ami Jacques aurait-il omis de déclarer quelque chose du genre ‘’Je vous ai compris!’’  C’est une formule qui fonctionne habituellement…

C’est le 24 juillet 1851 que l’impôt sur les fenêtres aurait été aboli en Grande Bretagne, une mesure impopulaire introduite en 1696.  La France et l’Espagne auront une taxe similaire, incluant également les portes dans l’équation, inspirée de ‘’l’ostarium’’ de la Rome antique.  Le but est de taxer les plus riches, selon la logique que plus la maison est grande, plus elle a d’ouvertures, telles fenêtres et portes, plus son propriétaire est considéré fortuné.  Cette aberration explique la quantité importante de fenêtres cloisonnées ou condamnées pour échapper à la taxe.  Imaginez un tel scénario instauré aujourd’hui; les propriétaires de clubs de danseuses seraient morts de rire…

Bonne fête à Simon Bolivar, Alexandre Dumas, Sophia Vatakis et Jennifer Lopez.

La météo devrait au beau fixe pour d’agréables célébrations du Noël du campeur…