Blenheim Palace

1874. Souhaitons la bienvenue en ce bas monde, plus précisément dans le vestiaire de salle de bal d’un château, au petit Winston Churchill. Comme nous le savons tous aujourd’hui, il deviendra une des personnalités de premier plan du XXe siècle. Bravo!

Ceci étant dit, quoique ce jour puisse de plein droit lui appartenir,  j’ai préféré me servir du jour de sa naissance comme prétexte pour braquer les projecteurs, ne serait-ce que brièvement, sur la résidence lui ayant servi de point de chute: le palais Blenheim.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, cette coquette résidence de style baroque (ou de bar rock en cette mémorable soirée de party où la belle et très enceinte Lady Randolph Spencer-Churchill accoucha) fut construite entre 1705 et 1722 à Woodstock.

Pourquoi le nom ‘’Blenheim’’ pour un château sis dans le très british comté d’Oxford, me demanderiez-vous?  Parce qu’il était une fois, en 1704, dans un affrontement majeur en Bavière, dans le contexte de la guerre de Succession d’Espagne, appelée la bataille de Höchstadt (aussi appelée bataille de Blenheim), un certain John Churchill, duc de Marlborough qui triompha avec son allié Eugène de Savoie contre une coalition franco-bavaroise.

Confus jusqu’ici? Moi aussi, alors je n’élaborerai pas d’avantage sur cette bataille, ni son contexte historique, puisqu’il n’y en a que le nom qui nous intéresse.

Donc en guise de récompense au duc de Marlborough pour sa victoire sur les méchants Français, la Couronne lui offre le gros du financement pour la construction de cette résidence baptisée en l’honneur du nom de la bataille.  Hélas, puisqu’on peut qualifier cette aventure d’une forme de PPP, ça ne se fera pas sans controverses, délais ni excès dans les dépassements de coûts.  Et comme pourrait le clamer une ancienne gouverneure générale dont nous chérissons tous le doux souvenir: ‘’…et pendant longtemps ils n’ont même pas d’eau chhhaude!’’.

Aujourd’hui un attrait touristique indéniable, cet édifice sert souvent de décor pour le cinéma, dont en voici quelques exemples : Barry Lyndon (1975), King Ralph (1991), Chapeau melon et bottes de cuir (1998), Harry Potter et l’Ordre du phénix (2007), Mission Impossible 5 (2015)…

Grisaille à la succession royale

41. Claude, fraîchement promu empereur et sa tendre épouse Messaline, l’impératrice consort par ricochet, ont le bonheur d’annoncer la naissance aujourd’hui à Rome du petit frère de Claudia, Claude Junior, désigné l’héritier du trône. Je voulais simplement profiter du moment pour vous servir un p’tit flashback, les personnages étant effectivement les mêmes que ceux présentés dans la chronique d’hier, Dure, dure, la succession impériale.

1554. Poursuivant sur le thème de successions pénibles (et de britannitudes), Lady Jane Grey, arrière-petite-fille d’Henri VII d’Angleterre, est exécutée par décapitation à Tower Hill, une heure après son mari, Lord Guildford Dudley.

toile de Paul Delaroche
toile de Paul Delaroche

Si Britannicus s’est éteint à l’âge de 13 ans, à peine 24 heures avant son éligibilité à la couronne, Jane aura eu la chance, à l’âge de 16 ans de porter la sienne, ne serait-ce que pendant 9 jours.  Dire que notre pauvre Charles, aujourd’hui âgé de 66 ans, attend toujours…

Charles, fixant le calendrier
Charles, fixant le calendrier

Jeune femme brillante et polyglotte, elle est désignée héritière du trône d’Angleterre par son jeune cousin Edouard VI, alors déjà sur son lit de mort.  Or, la logique de la descendance aurait dû qualifier Marie Tudor ou Élizabeth, les filles de feu Henri VIII comme héritières légitimes.  On ne peut que constater ici qu’un millénaire et demi plus tard, les jeux de coulisses et complots familiaux pour le pouvoir sont toujours d’actualité.  Il faut également ajouter comme épice à la recette les tensions religieuses de la Réforme, opposant une protestante aux deux catholiques.  Bref, Lady Jane est contrainte à remettre la couronne, qui aboutira sur la tête de Marie Tudor (à bien y penser, même les reines de beauté peinent à conserver leurs couronnes de Miss Take).  Elle est jetée en prison et condamnée au bûcher pour haute trahison.  Ironie du sort, elle se sera retrouvée dans ce merdier bien malgré elle, n’ayant accepté le titre, qu’elle ne convoitait même pas,  qu’après de fortes pressions politiques.

Pour terminer, avouons que Lady Jane Grey, the Nine Days Queen aurait sûrement préféré être associée à une cinquantaine de nuances…

315!