de sang, sueur et larmes

What goes up, must come down, Spinning wheel got to go round, Talkin’ ’bout your troubles, it’s a cryin’ sin…”

Les boomers parmi vous auront sûrement reconnu les premières lignes de ‘’Spinning Wheel’’, un gros succès de 1968 du groupe Blood, Sweat & Tears, sûrement un clin d’œil avec un personnage marquant du XXe siècle.

1940. En fait, c’est en ce 13 mai, quelques jours après avoir pris la relève de Neville Chamberlain à titre de premier ministre du Royaume-Uni, que Winston Churchill livre un de ses mémorables discours à la Chambre des communes:

’… je n’ai à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur.  Vous me demandez, quelle est notre politique? Je vous dirais : c’est faire la guerre sur mer, sur terre et dans les airs, de toute notre puissance et de toutes les forces que Dieu pourra nous donner.’’

Le bonhomme tiendra parole et viendra, en 5 ans, à bout des forces de l’Axe.  Avec un peu d’aide de ses amis, bien sûr…

Pourrions-nous imaginer le voir portant une casquette MEGA (ou MGBA) sur le coco? Not a bloody chance!  

Khan vs Kamikaze

1281. Les Mongols de Kubilaï Khan (le petit-fils de Ghengis) sont considérés les maîtres de l’Asie (et même plus), mais encore faut-il qu’ils restent sur la terre ferme. Ils l’apprennent à la dure, deux fois plutôt qu’une, dans leurs tentatives d’ajouter le Japon à l’empire de la dynastie Yuan.

N’eut été d’un typhon venu malencontreusement brouiller les cartes et coulé le tiers de la flotte mongole à l’automne 1274, l’invasion aurait dû réussir.  Pour le Khan, ce fut de la malchance, donc partie remise.

Suite à ce contretemps, il a tenté l’approche diplomatique, encouragé par son chum Marco Polo qui avait trouvé l’idée géniale et ne cessait de répéter yes we Khan. Une délégation se présenta donc chez l’empereur japonais, l’invitant à venir à Dadu (Beijing) se prosterner devant le Kubilaï Khan.  Hélas, ce fut un autre échec, les têtes de ses émissaires étant retournées, séparées du reste de leurs corps.  Il va sans dire que la réponse nippone constitua un affront pire qu’un tweet extrême d’une ministre canadienne à propos des us et coutumes d’un petit royaume du Moyen-Âge Moyen-Orient.

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Donc le Khan, coiffant sa casquette MAGA (Make Asia Great Again), entreprit de se rebâtir une nouvelle flotte, un projet étalé sur sept ans.  Il créa même un ministère dédié exclusivement à la conquête du Japon.  Cette flotte serait immense, comptant environ 4 400 bâtiments, petits et gros, provenant de chantiers chinois et coréens (vous l’aurez deviné, aucun contrat pour la Davie, navrant…).

La puissance navale de Khan se présentera enfin en août 1281, au large de l’île de Kyushu.  Or, n’ayant pas au préalable consulté le canal météo, sa flotte sera surprise le 15, par un autre typhon.  Cette manifestation de Mère Nature, affectueusement appelée ‘’vent divin’’ (Kamikaze) par les insulaires nippons, avalera la flotte ennemie, protégeant ainsi le Japon de l’envahisseur.

Croyant d’ailleurs à l’influence de forces surnaturelles, le Khan abandonnera son projet.  Et son ministère.

Peut-être le reverrons-nous vers l’an 2285, aux alentours de Ceti Alpha VI…