Le jour du drapeau

1777. En ce 14 juin, à peine un an après la signature de la Déclaration d’indépendance, une résolution du Second Congrès continental adopte le concept de drapeau d’un de ses signataires, Francis Hopkinson. Le drapeau aura treize bandes, alternativement rouges et blanches, avec un canton comportant treize étoiles sur champ bleu représentant chacune les treize États-Unis d’Amérique.

À titre de fonctionnaire, Hopkinson verra sa tentative de monnayer son idée rejetée. Il aura d’ailleurs de la compétition de la part de Betsy Ross avec son design d’étoiles disposées en cercle.

   

Ressemblant assez à s’y méprendre au drapeau de la Compagnie anglaise des Indes orientales, son prédécesseur, le Grand Union Flag (ou Congress Flag, ou Continental Colors) n’aura fait que passer, pour des raisons évidentes, bien sûr.

Avec l’ajout graduel d’États, le drapeau d’aujourd’hui à 50 étoiles représente la 27e version du ‘’Stars & Stripes’’.  Il existe une cuvée avec une 51e étoile qui demeure pour l’instant sur une tablette, le territoire de Porto Rico n’ayant pas encore réussi à se mériter le rang d’État.

Mais qui sait, la feuille d’érable pourrait potentiellement devenir cette étoile.  Une annexion est toujours envisageable, surtout si les méchants et manipulateurs canadiens ne cessent de narguer impunément et hypocritement le plusse grand président à avoir occupé la Maison-Blanche. Puis ça serait moins cher qu’ériger un mur…

1916. Le président Woodrow Wilson proclame ce jour Flag Day.  L’affiche ci-contre sortira l’année suivante, pour commémorer le 140e anniversaire.

1946. Naissance à New York du futur POTUS-45, fier défenseur du drapeau, celui qui rendra à l’Amérique toute sa grandeur (…)

2026. Proclamation du Trump Day par l’Empereur Donald 1er, lors de célébrations fastueuses pour son 80e anniversaire de naissance.

de décrets et de couleurs

1492. À l’Alhambra de Grenade, Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon signent l’édit d’expulsion des juifs de la péninsule Ibérique. Suite à la victoire sur les musulmans, le ‘’très catholique’’ couple royal signifiera à la communauté juive à son tour qu’elle n’est pas tout à fait appréciée dans les Espagnes médiévales.
La reproduction du document est plutôt ardue à lire, c’est pourquoi je vous en livre ici un bref extrait : ‘’…nous avons décidé d’ordonner à tous les juifs, hommes et femmes, de quitter nos royaumes et de ne jamais y retourner…à date du 31 juillet 1492 et ne plus rentrer sous peine de mort et de confiscation de leurs biens…’’.

Au moins, l’avis d’éviction leur accordera quatre mois de délais.  Par contre, il ne faudra pas compter sur les Apollinairois (parbleu! c’est à peine à un jet de pierre de la bucolique municipalité de Saint-Gilles, où mon p’tit frère y occupe un lot gazonné) pour accueillir les fautifs pour leur repos éternel.  Vous aurais-je perdu dans le récit?  Pardonnez cette déviation de contexte; c’est la faute de la petite voix dans ma tête…

 

Or, contrairement au sort réservé à un apprenti monarque des Amériques modernes, qui ne cesse d’être bafoué d’un édit exécutif (pourtant bien présenté dans un magnifique cartable d’allure présidentielle, incluant un résumé de son électrocardiogramme) à l’autre, Belle & Fern, eux, n’auront pas été importunés par la résistance issue de leur propre establishment juridique.

Pour la culture, on pourrait comparer l’Alhambra, ou ‘’la rouge’’ à la Maison-Blanche de Washington, deux sièges du pouvoir d’époques différentes.  Donald pourrait-il considérer faire repeindre son palais aux couleurs de celui d’Andalousie?  À bien y penser, ça ne serait pas génial, car sa chevelure risquerait de se perdre dans le décor.