Le fâcheux destin de l’Essex, ou comment apprécier de bons camarades avec pas de sauce.

1820. En totale rupture avec le scénario classique, l’Essex, un baleinier américain de 27 mètres est attaqué par un énorme cachalot et sombre au beau milieu du Pacifique, à quelque 3 700 km à l’ouest des côtes de l’Amérique du Sud.

Les vingt membres de l’équipage s’en tirent et se répartissent, avec leurs maigres vivres et instruments, dans trois baleinières, des chaloupes d’environ 6 à 9 mètres de long.

Le capitaine George Pollard veut mettre le cap vers les îles Marquises, les plus proches connues malgré la distance de 1 900 km à parcourir.  Or son premier maître, Owen Chase et d’autres matelots, inquiets par les rumeurs de cannibalisme chez les indigènes de ces îles polynésiennes, vont le convaincre de se diriger plutôt vers les côtes de l’Amérique.  Pour ce faire, ils devront descendre environ 1 600 km vers le sud, puis bifurquer vers l’est en tirant avantage des vents d’ouest, vers une destination quand même évaluée à environ 4 800 km plus loin.

Je vous épargne les détails de cette longue balade de près de 90 jours où, ironiquement, comme dans la populaire chanson ‘’Il était un petit navire’’, les 8 survivants auraient découvert les avantages de se sustenter sur les dépouilles de collègues, sans sauce, pour eux-mêmes se sauver.

Trente ans plus tard, Herman Melville s’inspirera en partie du récit d’Owen Chase, intitulé ‘’Narrative of the Most Extraordinary and Distressing Shipwreck of the Whale-Ship Essex’’ pour pondre son chef-d’œuvre ‘’Moby-Dick’’.  Ohé! Ohé!

2014-11-14

1851. Sortie, aux États-Unis, un mois après Londres, du roman ‘’Moby-Dick; or The Whale’’. Accueilli tièdement, à peine 3 200 copies du roman seront sorti des presses et écoulées des deux côtés de l’Atlantique au moment du décès, 50 ans plus tard de son auteur, l’américain Herman Melville.

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Ce n’est que beaucoup plus tard que le roman finira par être considéré parmi les meilleurs de la langue anglaise.  Voyez, il n’y a pas que les peintres qui souvent prennent de la valeur qu’à titre posthume.

1970. Fin tragique pour l’ensemble de l’équipe de football le Thundering Herd de l’université Marshall, en Virginie Occidentale, alors que l’avion nolisé dans lequel les joueurs, entraineurs et supporteurs ont pris place frappe la cime des arbres à flanc de colline et s’écrase, à peine 1 300 mètres de la piste d’atterrissage. Y périront les 75 passagers et membres d’équipage du DC-9, le vol 932 de la compagnie Southern Airways, la pire tragédie liée à une équipe sportive aux États-Unis.  La cause serait imputable à une erreur de lecture de l’altimètre (ou une défaillance de celui-ci) durant l’approche finale, jumelé à la mauvaise visibilité due au brouillard en ce début de soirée et la méconnaissance de la géographie particulière autour de cet aéroport par l’équipage.

Marshall Crash

L’accident sera repris dans un documentaire, ‘’Marshall University : Ashes to Glory’’, puis le film ‘’We are Marshall’’, sorti en 2006, mettant en vedette le beau Matthew McConaughey.

Souhaitons bonne fête aujourd’hui à Jean Eudes (1601), missionnaire français, fondateur de la Congrégation de Jésus et Marie, à Johann Georg Leopold Mozart (1719), compositeur, violoniste, conducteur, professeur de musique, mais surtout géniteur du p’tit Wolfgang Amadeus, puis  à Monique Mercure (1930), une de nos deux femmes en or, sacrée meilleure actrice à Cannes pour son rôle dans J.A. Martin Photographe et toujours très active sur nos écrans.

40!