Je suis un beignet

1963. Non, ce n’est pas une citation de Homer Simpson, mais bien de John Fitzgerald Kennedy lors d’un discours devant une imposante foule de Berlinois aux abords du Mur de Berlin en ce 25 juin.

En fait, le titre de cette chronique n’est qu’une amusante interprétation entre un gentilé (Berlinois) et un mets populaire (beignet fourré) identifié à sa localité d’origine. Par exemple, une Niçoise pourrait à la fois être une gente dame habitant la populaire commune de Nice, sur la Côte d’Azur, ou une salade; les deux pourraient être délicieuses, mais ici n’est pas le but de la chronique.

Alors que la guerre froide bat son plein, le président américain vient renforcer le support des États-Unis en cette enclave de Berlin Ouest, menacée d’étranglement par le blocus imposé par le régime soviétique.

Il y déclare: « Il y a 2 000 ans, la plus grande marque d’orgueil était de dire civis romanus sum (« je suis citoyen romain »). Aujourd’hui, dans le monde libre, la plus grande marque d’orgueil est de dire Ich bin ein Berliner. […] Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont des citoyens de Berlin. Par conséquent, en tant qu’homme libre, je suis fier de prononcer ces mots : Ich bin ein Berliner! » (« je suis un Berlinois »)

Aujourd’hui, dans un contexte facilement qualifiable d’annus* horribilis, pourrions-nous fièrement déclarer: civis americanus sum?…

*à ne pas confondre avec la version au ‘’n’’ unique, n’en déplaise à mon correcteur Antidote.

Alfalfa & Donald

1932. Dans son édition d’aujourd’hui, le TIME met en vedette William Henry Davis Murray, lancé dans la course à l’investiture démocrate pour la présidence des États-Unis d’Amérique.

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Apôtre de la suprématie blanche et ségrégationniste, le coloré et bouillant gouverneur de l’Oklahoma, affectueusement surnommé Alfalfa Bill, aura fait sa marque en politique en cette époque de la Grande Dépression, dénonçant le corporatisme et les profiteurs, n’hésitant pas durant son mandat à proclamer la loi martiale à une trentaine de reprises, lançant la Garde Nationale de l’état pour des causes diverses.  Ainsi, il forcera la réouverture d’un pont inter-état, bloquée par son homologue texan qui insistait à ce qu’il soit à péage; il forcera également la fermeture de centaines de puits de pétrole pour faire remonter le prix du brut, ou encore surveiller la vente de billets pour les matchs de football de l’Université de l’Oklahoma (…).  Inspirant pour nos élus locaux, non?  Hélas, ses aspirations à la présidence ne feront pas le poids face à un rival de la trempe de Franklin D. Roosevelt.

2016. rs_634x845-150820072538-634.Donald-Trump-Time-Magazine-JR-82015Une édition plus récente du prestigieux magazine affichait sur sa couverture une autre ‘bibitte’ convoitant l’investiture, cette fois-ci du parti républicain, au grand dam de l’establishment du GOP. S’il triomphe, le très volubile magnat de l’immobilier promet de bâtir une muraille à la frontière mexicaine et de foutre les illégaux en général et les islamistes en particulier à la porte. Rien de moins.  D’ailleurs, s’il lui reste assez de ciment, il ne serait pas totalement exclu d’envisager d’emmurer également son voisin au nord, ce dernier considéré un peu trop accueillant, à son goût, pour les réfugiés.   Ceci constituerait un beau pied de nez à la mémoire d’un président qui, devant la Porte de Brandebourg il y a près de 30 ans, aura réclamé la destruction du mur de Berlin.

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Demain, c’est Super Mardi.  Il ne restera donc plus que 40 jours avant l’inauguration de la saison de golf du CH, mais surtout, 298 jours avant Noël