La Somme des tragédies

1916. Alors que la bataille de Verdun (non, pas l’arrondissement de Montréal) fait toujours rage entre Français et Allemands, voici que les Britanniques déclenchent en ce beau matin du 1er juillet leur attaque sur les lignes fortifiées allemandes près du fleuve Somme.

Suite à une semaine de bombardements intenses, incluant une orgie de pilonnage dans l’heure précédant le signal, 66 000 soldats se précipitent, en fait non, sortent de leurs tranchées avec ordre de marcher vers l’ennemi, baïonnette au fusil.

On croyait ainsi la première ligne de défense ennemie neutralisée.

Hélas non.

Pour les Allemands, ahuris, ils n’ont qu’à s’en donner à cœur joie à descendre à la mitrailleuse cette masse avançant lentement vers eux, comme des zombies dans un jeu vidéo.

En cette seule journée du 1er juillet, le bilan* de ce carnage se résumera à  21 322 morts et disparus, 35 493 blessés et une poignée (585) de blessés, pour un total de 57 400 mises hors de combat. Bref, la journée la plus meurtrière de l’histoire militaire de la Grande-Bretagne (incluant bien sûr les participations des loyaux sujets de l’Australie, du Canada, Bermudes, etc.

Dire qu’on envoyait des poussins mâles au broyeur pourrait être exagéré, mais bon…

*Tiré de Wikipédia

Homo Bellicus

1914. Quelques semaines après l’assassinat à Sarajevo de l’archiduc autrichien Franz Ferdinand et de sa femme par un nationaliste serbe, l’ambassadeur austro-hongrois, le baron Giesl von Gieslingen, livre au ministère des Affaires étrangères de la Serbie une série de requêtes sous forme d’ultimatum. Le délai est fixé à 48 heures pour y répondre.

von Gieslingen

Les autorités serbes accepteront la majorité des conditions énumérées dans l’ultimatum, refusant par contre l’ingérence austro-hongroise dans la commission d’enquête sur l’assassinat de l’archiduc.  Blâmant la Serbie pour l’attentat, ce sera le prétexte pour l’empire austro-hongrois, avec la complicité de l’Allemagne, de frapper rapidement ce pays avant que la Russie, son principal allié et dans une moindre mesure, la France et la Grande Bretagne ne réagissent.  Une p’tite vite, comme on dirait ici.  Or, tous les pays pensent la même chose (la p’tite vite), les déclarations de guerre affluant de partout, les pieds se multipliant dans l’engrenage.  On se retrouve donc à 48 heures d’un beau cirque qui au final s’étirera sur 4 ans, 3 mois et 2 semaines, impliquera une centaine de pays (donc une meilleure participation qu’à bien des olympiques) et causera des millions de victimes.  On l’appellera la Grande guerre…