De Saints et de doigté

1622. Canonisation de François Xavier, Thérèse d’Avila et Ignace de Loyola.

Xavier  Térèse d'Avila  Ignace

Non, la canonisation n’est pas de la récupération de vedettes par une entreprise multinationale spécialisée en instruments optiques.  Ce n’est pas plus une version extrême d’exécution, n’en déplaise au créatif tordu voulant éliminer son prochain.  C’est la promotion ultime au rang de sainteté, la coche sous le statut de déité, de gens qui auront démontré, selon les autorités  religieuses, une élévation spirituelle en accomplissant de grandes choses pour le bien de l’espèce, surtout lorsqu’au service du dogme, de préférence dans des contextes ou conditions difficiles.  Quoique non essentielle, la souffrance physique est une forme populaire de ladite condition difficile, comme en fait foi la longue liste de martyrs parmi la confrérie.  Malheureusement pour les aspirants à la sainteté, ce titre n’est toujours accessible qu’à titre posthume.

Jeanlala

Par contre, devenir saint(e) a constitué au fil des âges une excellente opportunité de joindre le pool de candidats de choix, avec les chiffres, pour les comités de toponymie.   Puissions-nous un jour voir la ville de Saguenay être rebaptisée Saint-Jean-Tremblay-de-Làlà?…

1737. Galilée déménage! Hélas, il ne pourra participer lui-même à l’exercice puisqu’il est décédé le 8 janvier 1642, soit presqu’un siècle plus tôt.  Ce ne sont donc que ses restes qui prennent le chemin de la Basilica di Santa Croce, à Florence, où il partagera la vedette à Michel-Ange.  En fait, nul besoin des services d’un déménageur d’envergure puisque le déménagement se limite en un déplacement de quelques mètres, soit d’une pièce obscure de la sacristie à la basilique elle-même.

Santa Croce

Pourquoi le transfert, me demanderez-vous?   Au moment de son décès, Ferdinand II de Médicis, grand-duc de Toscane et grand fan du disparu, voulait lui ériger un mausolée dans l’enceinte même de l’église, mais le pape Urbain VIII ayant condamné Galilée d’hérésie, pas question qu’il  soit installé dans un lieu saint.  D’où la longue attente.

De plus, Galilée ne sera pas bougé avec tous ses morceaux, trois doigts, une dent et une côte disparaissant durant l’opération, vraisemblablement ‘’empruntés’’ par le prêtre antiquaire Antonio Francesco Gori.  Un de ces doigts, le majeur de la main droite, est aujourd’hui exposé au musée Galilée, à Florence.

galileo-finger

Le majeur fièrement placé ainsi dans un verre, on peut conclure qu’entre les inquisiteurs et Galilée, ce dernier aura eu le dernier mot.  Tiens, toi!