Cambronne

1842. J’allais ce matin souligner le passage à trépas de Pierre Cambronne, brillant et fidèle officier sous Napoléon, un personnage plus universellement notoire pour sa langue que pour son sabre.

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Il n’aurait pu souffrir être cité à TLMEP au même titre qu’un Champlain avec la bouche de ses canons, d’un Pierre E. Trudeau et son fuddle duddle bien senti à la confrérie parlementaire, ou même d’un Max Pacioretti, qualifiant récemment les performances de son équipe.  Cambronne aurait même juré avoir été mal cité, n’en déplaise à Hugo, qui l’aura immortalisé dans Les Misérables, ou à Bugingo, un témoin et compagnon d’armes à la bataille de Waterloo.

Je l’aurais donc préféré dans ce petit billet nécrologique à des poids lourds de l’histoire tels Marco Polo et Galilée, pour me rendre compte que ma source, le site OnThisDay.com l’a fait mourir trois semaines plus tôt que tout le monde.  Hélas, il était trop tard, mon idée étant faite. Il ne restait qu’à amputer la mort de Cambronne d’une consonne.

Merde!

Coupez!

1815. Souhaitons une bonne soirée à Napoléon, car sa visite demain à Waterloo ne sera pas des plus agréables.

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1939. Dernière décapitation publique en France, mettant en vedette Eugène Weidmann, ‘’le tueur au regard de velours’’.

Avec l’aide de quelques complices, il aura fait 6 victimes, toutes tuées  entre juillet et novembre 1932, dans la région parisienne.  La première, Jean de Koven, une danseuse américaine de la compagnie The Miracle de Broadway, charmée par le beau jeune homme, sera droguée et étranglée, alors que les autres seront sommairement abattues d’une balle à la nuque.  Dans tous les cas, la motivation aurait été de dépouiller les victimes de leur argent, sauf que dans l’ensemble, les récoltes s’avérèrent plutôt décevantes.

L’exécution, devant l’entrée de la prison de Versailles, tourne en cirque.  Retardée de 45 minutes, l’arrivée du condamné sur l’échafaud cause un certain remous dans l’assistance, alors que journalistes prennent plusieurs photos, même des films.  Une fois la lame de la guillotine tombée, confirmant  le condamné bel et bien coupable (la poignez-vous?), il y aurait eu dans l’assistance quelques hystériques qui auraient réussi à tromper la vigilance des gardes pour s’approcher et toucher au sang.  Ouache!

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Perturbé par l’incident, le président du Conseil des ministres, Édouard Daladier décrètera le 24 juin suivant, non pas la fête de la Saint-Jean, mais l’abolition des exécutions capitales publiques.  Malheureusement, en début du XXIe siècle, les sympathiques représentants de l’État Islamique trouveront le concept plutôt amusant….